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la création de « l’éducation civique juridique et sociale », |
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Qu’est ce qui donne du sens aux savoirs scolaires, qu’est-ce qui fonde
leur légitimité ? Les recherches récentes dans le
domaine des sciences de l’éducation mettent l’accent sur trois
éléments : la référence aux savoirs savants
(qui a longtemps caractérisé à elle seule le «
modèle académique »), la légitimité sociale
des savoirs scolaires (qui témoigne du poids du projet social sur
l’action scolaire), et le rapport aux savoirs des élèves
et des enseignants. Ce problème est particulièrement délicat
lorsque les savoirs scolaires à construire renvoient à des
questions « socialement vives », qui interfèrent largement
avec les pratiques sociales des élèves et des enseignants.
Les savoirs scolaires sur la société, présents sous
des formes diverses dans plusieurs disciplines scolaires, sont ainsi l’objet
de nombreux questionnements, sur les fondements de leur légitimité,
et sur les stratégies didactiques à mettre en śuvre pour
les enseigner. La question prend une importance particulière lorsqu’une
institution décide, comme c’est le cas en France depuis la rentrée
scolaire 1999, de modifier l’organisation curriculaire de ces savoirs,
en les réorganisant dans un espace spécifique et sous un
nouveau nom : l’éducation civique, juridique et sociale. Le but
de cette communication est de préciser l’origine et les enjeux
de ce projet, et d’évaluer les conséquences de l’apparition
de ce nouvel enseignement quant à la didactisation de ses propres
contenus et quant aux effets sur la structure du curriculum dans l’enseignement
secondaire.
Les
origines du projet : crise curriculaire et crise des valeurs sociétales
A l’origine
de la création de l’ECJS, se trouve une question (et une angoisse
!) qui traverse l’ensemble du système éducatif français
de cette fin de siècle, et qui l’ébranle fortement : celle
de l’incivilité et de la violence à l’école (du comportement
des « sauvageons » , DEBARBIEUX, 1999)
La particularité
de ce débat tient à la forme qu’il a prise : pendant longtemps,
la violence à l’école a été considérée
comme une sorte d’effet secondaire de la violence de la société,
dont les échos traversaient les murs de l’école. Depuis quelques
années, avec la multiplication des actes de violence à l’intérieur
des établissements scolaires et surtout des violences visant directement
et ès qualité des acteurs de la communauté scolaire,
la teneur du discours a changé.
Ainsi,
l’école est actuellement sommée d’apporter sa propre contribution
à la lutte contre l’insécurité, l’incivilité
et la violence, trois phénomènes qui, bien que distincts,
participent au sentiment de mal être social et scolaire d’aujourd’hui.
Dès
lors, se pose la question de la stratégie à adopter. Certes,
plusieurs disciplines scolaires abordent déjà ces problèmes
: la littérature, la philosophie, l’histoire, les sciences économiques
et sociales, traitent à leur façon divers aspects de ces
questions. Mais toutes se heurtent à deux limites :
- d’une
part, les savoirs scolaires connaissent aujourd’hui une crise
de légitimité, attestée par exemple par la très
large médiatisation des débats autour des contenus scolaires
ou de leur « modernisation », par l’expression des élèves
qui dénoncent (1)
l’obsolescence de certains enseignements, par celle des parents qui contestent
l’utilité sociale de tel ou tel savoir scolaire
- d’autre
part, ces disciplines constituées et institutionnalisées
ne peuvent faire de ces questions leur objectif principal, et sont par
ailleurs suspectes de ne pas être capables de poser les problèmes
dans toute leur complexité inter- ou pluri-disciplinaire.
D’où
le choix de la création d’un nouvel enseignement (2)
– avec la question corollaire : est-ce en même temps une nouvelle
discipline scolaire qui est ainsi créée ? Car, même
si la réponse officielle de l’institution est négative, c’est
bien sous cet angle que la question est perçue, en particulier chez
nombre d’enseignants susceptible d’être concernés par cet
enseignement. Si de surcroît nous avions affaire à une création
répondant pour l’essentiel à une préoccupation principalement
sociale et non scolaire, il y aurait là une nouveauté absolue.
Bien entendu,
cela ne signifie nullement que les questions « socialement vives
» soient étrangères aux problématiques scolaires
en dehors de ces périodes d’innovations institutionnelles.
Les questions socialement vives dans le champ scolaire
Nous
appellerons « question socialement vive » une question qui
possède les caractéristiques suivantes :
1°)
elle est vive dans la société si :
- elle
interpelle sur les pratiques sociales des acteurs scolaires (dans et hors
de l’institution scolaire),
- elle
renvoie aux représentations de ces acteurs,
- elle
est considérée par la société (globalement
ou dans une de ses composantes) comme importante pour la société,
- elle
fait l’objet d’un traitement médiatique tel que la majorité
des acteurs scolaires en ont, même sommairement, connaissance.
2°)
elle est vive dans les savoirs de référence, s’il existe
des débats entre spécialistes des champs disciplinaires concernés.
A titre
d’exemples, le chômage des jeunes, l’utilisation des OGM (organismes
génétiquement modifiés) constituent des « questions
socialement vives ».
Il est
clair que ces questions sont forcément datées, même
s’il ne s’agit pas à proprement parler de « questions d’actualité
» : elles peuvent demeurer vives pendant de longues périodes,
avec une intensité variable dans le temps et dans les différentes
composantes de la société.
De telles questions pénètrent dans le champ scolaire de plusieurs façons :
- d’abord
par « l’actualité », qui sert de référence
à de nombreux enseignants pour motiver leurs élèves,
- ensuite
par la « demande sociale » (celle des parents, des syndicats,
des associations ou des intellectuels mobilisés par ces questions),
dont l’expression est généralement floue, mais souvent forte,
et qui conduit à intégrer tel ou tel problème aux
préoccupations inscrites dans le champ scolaire,
- enfin,
par l’institution scolaire elle-même, lorsqu’elle modifie des programmes,
crée de nouvelles disciplines, etc.
Les trois phénomènes peuvent converger – ou diverger ! La création de l’ « ECJS », témoigne d’une convergence des préoccupations concernant le lien social et l’incivilité, alors que des contentieux comme celui sur les signes distinctifs religieux à l’école montrent à l’évidence une divergence d’opinion, mais renforcent de ce fait même l’aspect « vif » de la question. Autrement dit, les acteurs sociaux peuvent s’entendre sur la nécessité de traiter telle ou telle question à l’école, mais s’opposer sur la façon de la traiter.
Dans ces
conditions, la tâche des enseignants s’avère particulièrement
ardue.
Peut-on légitimement enseigner des questions socialement vives à l’école?
La question
de la légitimité se pose ici à deux niveaux :
- celui
de la discipline scolaire (est-il légitime d’enseigner l’ECJS
sous la forme d’une nouvelle discipline scolaire, ou d’un simple «
enseignement » ?)
- celui
des objets d’enseignements susceptibles d’être construit à
l’intérieur de cet enseignement, sachant que d’autres disciplines
peuvent les aborder aussi (le professeur de philosophie doit-il traiter
de l’antisémitisme, celui de géologie du darwinisme ou du
créationnisme ?) et que certains de ces objets ont déjà
été abordés dans le cadre de l’éducation civique
avant le lycée.
Comment alors, dans ce cas précis, définir des contenus légitimes pour l’ECJS ?
D’une façon générale, la légitimité d’une discipline scolaire se construit à travers deux grands mouvements :
- l’élaboration du champ disciplinaire scolaire, qui s’effectue en relation avec les savoirs savants de référence, et relève d’abord de l’institution scolaire elle-même. Elle fait intervenir de nombreux éléments : rôle des “ experts ”, de la « noosphère » (CHEVALLARD, 1997) , recours à des théories implicites ou explicites de l’apprentissage , objectifs de la politique éducative , structures du système éducatif. A l’intérieur de chaque discipline vont alors se constituer des “ objets d’enseignement ”. La question est de savoir comment ils se situent dans la discipline, et dans les relations avec d’autres disciplines. C’est plutôt ce dernier aspect qui nous intéresse ici, puisqu’il n’y a pas officiellement de nouvelle « discipline scolaire ».
- la légitimité sociale des savoirs scolaires, qui dépend pour l’essentiel de la façon dont la société conçoit le rôle de l’école : elle se manifeste à travers la «demande d’éducation», les «attentes des familles», les jugements sur l’utilité sociale de tel ou tel savoir, mais aussi à travers des stratégies de réussite (scolaire et sociale) ou d’évitement. Elle renvoie aussi aux représentations des élèves. Il est clair qu’il y a là un fait majeur en ce qui concerne l’ECJS, puisqu’elle est clairement présentée comme une réponse à une demande, forte mais floue, des élèves, des parents, de l’institution scolaire et de la société en général.
Le problème central pour l’ECJS semble donc celui de la constitution d’objets d’enseignement autour de questions socialement vives. Ceci met l’école aux prises avec deux tendances en grande partie contradictoires :
- d’une
part, la tentation de légitimer un contenu scolaire par la prégnance
(conjoncturelle ou structurelle) d’un questionnement social : l’école
utilise de nombreuses voies pour “ motiver ” les connaissances scolaires,
et cette motivation peut être reçue et interprétée
différemment selon les acteurs et les époques. Les effets
en sont sans doute différents selon la proximité des disciplines
scolaires avec les pratiques sociales. Dans ce cas précis, le contenu
est a priori légitimé par la « demande ». Mais
quels sont les savoirs qui sont en jeu ? Quelle est la place des valeurs
par rapport à celle des connaissances ?
- d’autre
part la volonté d’en maîtriser les conséquences didactiques,
car à trop vouloir se rapprocher de la question sociale, on risque
de s’exposer à la mise en cause des «critères de scientificité»
du savoir scolaire : qu’est-ce qui garantira les contenus scolaires, si
ce qui est transmis à l’école résulte simplement de
la force momentanée d’un questionnement social ?
De ce fait,
la définition des objets d’enseignement est soumise à la
fois aux effets des phénomènes institutionnels (au premier
rang desquels l’évolution des programmes et des cursus) et à
l’influence de problématiques sociales beaucoup plus larges. D’où
la nécessité de gérer la distance entre des «
genres de savoirs » (savoirs savants, savoirs sociaux préalables,
savoirs « intermédiaires ») portés généralement
par des acteurs différents, pour construire des objets d’enseignement.
De surcroît,
la création d’un enseignement d’ECJS, à visée explicitement
éducative, pose dans un cadre nouveau le problème des questions
vives, puisque les textes officiels situent cet enseignement dans le domaine
du « transdisciplinaire », recommandent la participation d’enseignants
de diverses disciplines (histoire-géographie, sciences économiques
et sociales, philosophie) et préconisent des méthodes de
travail spécifiques. La didactisation des contenus en est d’autant
plus complexe.
Dans une
telle situation, il existe un certain nombre de risques pour l’enseignement
de l’ECJS :
- le risque
de la dérive disciplinaire : c’est celui de la confiscation
par une discipline scolaire institutionnalisée ;
- le risque
de la dérive normative : l’ECJS deviendrait alors un cours de morale
privilégiant le « politiquement correct » au détriment
des savoirs ;
- le risque
de la dérive relativiste : dans ce cas, la nécessité
d’un recul critique est remplacée par un repliement des savoirs
sur des opinions, il y a disparition de toute rupture épistémologique
entre les opinions et les savoirs ;
- le risque
de nier la distance entre les savoirs scolaires et les pratiques sociales
;
Ce n’est
que par l’élaboration d’une stratégie didactique concertée
qu’il sera possible de les réduire.
Une
stratégie didactique pour l’ECJS
Quelles stratégies didactiques pour enseigner des questions socialement vives ?
Celles-ci
nous semblent devoir reposer sur trois éléments :
- la nécessité
de problématiser, car la rupture épistémologique paraît
particulièrement cruciale dans des disciplines où l'apprenant
est souvent amené à renoncer à des certitudes, en
les confrontant à d'autres postures (celles de ses pairs, celles
de l'enseignant) et en les mettant en relation avec des éclairages
scientifiques divers (et à travers divers paradigmes théoriques)...
Ces questions ne peuvent prendre place dans l’enseignement sans que soient
définis des cadres théoriques, des grilles d’analyse, qui
donneront les moyens conceptuels de les traiter. C’est la condition indispensable
pour passer de la question d’actualité au fait social, et du fait
social à l’analyse sociologique par exemple. Mais le problème
est particulièrement difficile dans les disciplines pour lesquelles
l’apprenant doit réussir deux, voire trois ruptures et renoncer
à autant de certitudes :
- Il doit
accepter de laisser les réponses données dans son milieu
de vie en marge du discours scolaire, et accepter que son « discours
social » ne soit ni unique, ni seul vrai.
- Il doit
accepter de confronter sa réponse originelle, et parfois sa réponse
scolaire, à celle(s) de ses condisciples.
- Il doit
étudier des éclairages scientifiques divers sur une même
question, et apprendre à les mettre en relation… ou en concurrence.
- la nécessité
de gérer les rapports aux savoirs, tant pour les enseignants que
pour les élèves, en prenant en compte les "savoirs préalables"
des élèves.
- Pour
les enseignants, cela suppose, outre la connaissance des savoirs savants
de référence, la maîtrise des problématiques
didactiques : enseigner est un métier qui s’apprend, il y a donc
des savoirs professionnels relatifs à ce métier. Cela suppose
aussi qu’il puisse prendre en compte les relations aux savoirs des élèves.
Il faut donc s’interroger sur le “ déjà là ” des élèves
(leurs savoirs préalables), qui risque d’être d’autant plus
puissant que la question est “socialement vive ”. La connaissance de leurs
représentations permettra alors de mettre en place des stratégies
didactiques, réalistes quant à la zone proximale de développement
de l’élève, et respectueuses de son droit à penser,
à se former une opinion.
- Pour
les élèves, la difficulté majeure consistera à
accepter l’enjeu de savoirs dans le cadre scolaire, et donc à trouver
du sens dans la reconstruction d’un savoir à légitimité
scolaire, puis à intégrer une partie de ces savoirs scolaires
dans son système de représentations-connaissances pour éclairer
ses pratiques sociales.
- la nécessité de ne pas séparer projet d’enseigner, d’éduquer, d’apprendre car il n’est d’enseignement que socialement finalisé. En permanence, la société s’interroge sur la finalité de l’école : la tâche première de l’école est-elle de distribuer des savoirs, ou de participer à la socialisation dans des sociétés où famille, groupes de pairs et de proximité n’y suffisent plus ? Les savoirs scolaires sont-ils une fin (les élèves doivent apprendre des contenus pour «savoir») , ou un moyen (les élèves se préparent à devenir des acteurs sociaux ) ?
Les objets d’enseignement en ECJS
Malgré ses affirmations de principe, l’institution scolaire procède exactement comme pour la création d’une nouvelle discipline scolaire : constitution d’un Groupe Technique Disciplinaire (GTD) par le Minisitère, programmation pluriannuelle des connaissances à acquérir, définition d’exercices canoniques (le « débat argumenté ») . Il y a de plus une définition relativement précise de thèmes à travailler (voir en annexe l’exemple du programme de Seconde). Seules manquent pour l’instant les précisions concernant le modalités d’évaluation – mais la présence d’une épreuve au baccalauréat a été annoncée.La définition institutionnelle
Pour le
GTD, L’ECJS ne doit pas être un simple apport de connaissances :
« Concourir à la formation de citoyens est une des missions
fondamentales du système éducatif ». Ce n’est
pas non plus une nouvelle discipline scolaire :
- c’est
un espace où se construit la citoyenneté, par un apprentissage
, c.a.d. l’acquisition de savoirs et de pratiques
- l’objectif
est de « redécouvrir par l’analyse la notion de citoyenneté,
d’en étudier les principes, modalités et pratiques, et de
la confronter aux réalités du monde contemporain »
L’originalité de l’ECJS ne réside ni dans des objets d’étude spécifiques, ni dans des savoirs scolaires particuliers : toutes les questions au programme de l’ECJS se rencontrent ailleurs dans l’organisation curriculaire. Son originalité réside dans l’entrée dans l’étude par les questions socialement vives. De ce fait, elle trouve une première légitimation dans son positionnement par rapport à une demande sociale, essentiellement celle de la lutte contre les incivilités.Des savoirs et /ou des valeurs ? contenus, méthodes et conséquences didactiques de l’ECJS
1°)
Comment
élaborer le champ savant de référence,
pour un enseignement qui a vocation à faire intervenir des disciplines
scolaires et des champs savants divers, et qui de surcroît devrait
faire intervenir divers enseignants ?
L’institution
s’est attachée à ce chantier, en constituant un « GTD
» ; les éditeurs scolaires ont fait comme si la question était
résolue, puisqu’ils sortent déjà des « manuels
». Mais au-delà des réponses formelles des textes
institutionnels, la structuration de ce champ reste à élaborer
: elle dépendra largement des pratiques et de la formation des enseignants
concernés, et des modalités de la transposition didactique
mise en śuvre (qui seront probablement différentes selon que l’on
aura affaire à des enseignants d’histoire, de philosophie ou de
sciences économiques et sociales)
2°)
Comment
gérer le rapport savoirs / valeurs ? Il
est clair que l’ECJS ne peut se contenter d’être un catéchisme
républicain, véhicule d’un « consensus mou »
autour de quelques valeurs dont l’acceptation sociale serait suffisamment
large. Elle ne peut aller non plus, à l’autre extrême, vers
un relativisme dangereux. Il faut dire qu’il y a des choses inacceptables
: pour reprendre l’exemple d’A. Beitone (BEITONE, 1999) le racisme peut
être l’objet de débats, - et les sciences sociales fourniront
alors de nombreux éléments – mais en France c’est aussi un
délit puni par la loi.
Par ailleurs,
il serait un peu naïf de croire qu’il suffit de réaffirmer
qu’il existe une rationalité des valeurs(3)
pour que la question soit résolue.
La réponse
tient sans doute pour une part à la proposition de méthode
qui accompagne la création de l’ECJS, avec la préconisation
du « débat argumenté » : celui-ci constitue certainement
un moyen de relier les savoirs (par la préparation du débat,
centrée sur l’apport de connaissances, et la construction d’argumentation)
et les valeurs qui transparaîtront dans le débat lui-même
(et il faudra alors exercer sa raison son esprit critique, mais aussi justifier
ses choix éthiques).
3°) Si ce nouvel enseignement trouve effectivement sa place dans le lycée d’aujourd’hui, les conséquences didactiques de l’ECJS peuvent être beaucoup plus importantes que prévues. D’abord, l’élaboration d’un champ de référence commun, la préparation et la réalisation à plusieurs de séquences d’enseignement constitueront une évolution significative des pratiques pour de nombreux enseignants –même si certains d’entre eux n’ont pas attendu l’ECJS pour entrer dans cette logique. Ensuite, la méthodologie du débat argumenté, si elle est bien maîtrisée, est évidemment « exportable » vers d’autres disciplines. Enfin, le développement d’un enseignement inscrivant dans ses finalités la connaissance des devoirs et des droits, l’exercice du recul critique, le respect de la parole de l’autre, constitue un ferment d’évolution des comportements qui ne se limitera certainement pas (comme l’espèrent un peu naïvement certains responsables) à un meilleur respect du règlement intérieur de l’établissement scolaire.
L’ECJS porte en germe le développement d’une citoyenneté scolaire, qui ne concernera pas seulement les élèves, mais aussi et plus largement le bouleversement du fonctionnement actuel du système éducatif français.
NOTES
(1)
Ce fut le cas par exemple lors de la consultation nationale auprès
des lycéens « Quels savoirs enseigner au lycée »,
organisée sous la responsabilité de P. Meirieu. (retour
au texte)
(2)
Rappelons que ce type de naissance est un événement fort
rare : au sens fort du terme (apparition d’un enseignement, avec un cursus,
un programme pluriannuel et des enseignants spécialistes) il faut
remonter à la création des « Sciences Economiques et
Sociales » en 1966 pour en trouver le dernier exemple en France (retour
au texte)
(3) Cf. les
travaux de R . Boudon (« Le juste et le vrai : études sur
l’objectivité des valeurs et de la connaissance », Fayard,
1995) (retour au texte)
Quelques
références bibliographiques
Annexe : Le programme d’ECJS de la classe de Seconde : « De la vie sociale à la citoyenneté »
Quatre thèmes
Citoyenneté
et civilité
Citoyenneté
et intégration
Citoyenneté
et travail
Citoyenneté
et transformation des liens familiaux
Six notions
Civilité
Intégration
Nationalité
Droits
de l’homme et du citoyen
Droits
civils et politiques
Droits
sociaux et économiques
La démarche
Utiliser
et traiter l’actualité en classe :
- Diversifier
les sources pour attester de la réalité des faits
- Replacer
l’événement dans une chaîne historique
- Repérer
et analyser les interprétations divergentes et contradictoires
- Partir
de l’événement pour aboutir à des notions du programme
Le débat
argumenté :
- Choix
avec les élèves d’un thème
- Organisation
du travail préparatoire : division du travail, travail de groupes
et coordination
- Tenue
du débat de façon concertée entre élèves
et professeurs
- Synthèse
orale et écrite et diffusion éventuelle
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Une
bibliographie indicative sur l'ECJS
Quelques
citations sur l'ECJS
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