II/
Un exemple : une crise de subsistance en 1316 à Tournai
1°
Que dit le programme ?
« Les trois grands fléaux (famine, peste, guerre) des XIVe et XVe siècles sont globalement analysés afin d’expliquer la crise de l’Occident » (p. 71). « Pour la crise des XIVe et XVe siècles, on insiste sur la trilogie : famines, peste et guerre. Les famines se succèdent et sont socialement sélectives. La guerre cause des ravages et coûte cher (on ne la présente pas en détail). La propagation de la peste suit sur les routes commerciales. La peste noire laisse les pays ruinés, les familles décimées. Cette crise débouche sur des remises en cause politiques, religieuses, culturelles et exacerbe les comportements intolérants, mais dans le même temps, on assiste au renforcement des structures de l’État » (p. 83).
2°
L’analyse d’une fiche
Nous n’analyserons ici que la première partie d’une fiche distribuée - naguère - à des élèves de 5ème. Soit le texte de Gilles Le Muisit, abbé de Saint-Martin de Tournai (1272-1352), texte cité dans le manuel Hachette, 1997, p. 106. Voir III (texte et mise en schéma).
a)
Ce qui était prévu.
Deux questions accompagnent ce texte : « 1) A quelle région et à quelle époque fait référence ce texte ? 2) Qu’est-ce que la disette ? Quelles en sont les conséquences ? ». Conclusion [espérée] : la famine est le premier des grands fléaux des XIVe et XVe siècles. Mais cet élément n’a pas été noté sur le champ. Il était prévu de revenir sur ce premier fléau dans le cadre de la synthèse générale qui devait être rédigé, par les élèves, à la fin de la « mise en activité ».
b)
Ce qui a été réalisé.
L’observation de la séance montre que les élèves ont passé près d’une dizaine de minutes à lire le texte (16 lignes) et à répondre aux deux questions. Chacun s’accorde à dire que la « mise en activité des élèves » est chronophage. Un argument mis souvent en avant pour déplorer la lourdeur des programmes. Hélas, ce ne sont pas les programmes qui sont lourds mais la façon dont nous tous (professeurs et formateurs) les abordons et les traitons !
Voilà ce que les élèves ont écrit à la suite de la correction collective :
« 1) ce texte fait référence à la région de Tournai, en mai 1316 »
« 2) la disette est le manque de nourriture, la famine. Les conséquences sont qu’à cause du mauvais temps, les paysans vendaient plus cher leur récolte ».
Il est inutile de s’attarder sur cette trace écrite qui témoigne de graves lacunes sur le plan de la compréhension du texte.
c)
Ce qu’il faudrait faire ou dire.
*Ne peut-on pas gagner du temps en lisant le texte avec les élèves et en leur demandant au fil de la lecture s’ils ont bien compris le sens des mots et des phrases ? Citons : pénurie, disette, corrompu, etc.
*Ne peut-on pas d’emblée situer, sur une carte ou un atlas, Tournai ? Mais il faut s’interroger sur le sens de cette question : localiser pour quoi faire ? Dans ce cas précis, le professeur doit rappeler que Tournai est une ville située dans une région (la Flandre) relativement développée sur le plan agricole (céréaliculture). C’est un élément que les élèves ne peuvent trouver spontanément. Il est bon que le professeur apporte des connaissances que les élèves ont oubliées ou qu’ils n’ont pas, ou qu’ils ne trouvent pas dans le manuel.
*Relever la date du texte est certes utile. Il est pertinent de rappeler que c’est le XIVe siècle. Mais c’est insuffisant et cette indication n’a qu’un intérêt extrêmement limité.
- Le professeur devrait d’abord faire souligner par les élèves le mot « mai ». Autrement dit, c’est la période de la SOUDURE.
Soit les élèves le savent (ils ont étudié auparavant la vie des paysans !) : il faut alors faire appel à leurs connaissances antérieures et les réinvestir pour éclairer cette mention du texte. Soit les élèves l’ignorent, et alors il est du devoir du professeur d’apporter cette précision.
- L’année (1316) est très importante. Les élèves l’ignorent et c’est normal. Le manuel ne leur est, sur ce point précis, d’aucun secours. Il faut donc dans un premier temps repérer sur une frise chronologique le XIVe siècle (voir document IV). Ensuite, le professeur doit expliquer aux élèves qu’une très grave crise frumentaire a éclaté en 1315 dans cette partie de l’Europe (celle où est précisément localisée Tournai). Ajoutons enfin que c’est aux alentours de 1315-1318 qu’« apparaît la grande dépression économique » (Cf. Guy Bois, op. cit. p. 56-58). Le « grand essor économique » qu’avait connu l’Europe de l’Ouest depuis le XIe siècle est brisé et ne reprendra qu’au XVIIIe siècle selon Guy Bois (op. cit., p. 65).
Dans le « Nord de la France, dans les Pays-Bas et en Angleterre », les récoltes de blé ont été médiocres en 1314, puis très mauvaises en 1315 et la pénurie s’est fait sentir dès l’automne 1315. On comprend mieux pourquoi la situation est gravissime à Tournai. Au mois de mai 1316, il n’y a presque plus rien à manger. Sans entrer dans des considérations « pointues » (cf. la bibliographie), le professeur peut alors indiquer à ses élèves que ces années 1315-1316 sont les prémices de la grave crise économique qui va frapper l’Occident médiéval pendant de longues décennies. A cette étape de l’exploitation du document, le retour sur la frise chronologique est bienvenue voire souhaitable (voir document annexe).
*Il est très nécessaire de s’interroger sur la cause de cette pénurie et de cette disette.
- Le texte y fait clairement allusion bien que la phrase-clé (« une période de mauvais temps ») soit placée sur le même plan que la première phrase. Le rôle du professeur est d’éclairer le sens de la phrase-clé. Trois hypothèses : soit, l’auteur du texte veut expliquer l’origine climatique de la pénurie et de la disette ; soit, il veut signifier que le « mauvais temps » empêchait d’ensemencer des céréales (blé de mars ?) qui auraient permis de pallier la pénurie de blé ; soit, il veut laisser entendre que ce « mauvais temps » empêchait la récolte des « herbes ». Dans ces périodes de disette, les « herbes » (salades et légumes plus ou moins sauvages) permettaient de lutter contre la disette, de tenir le temps de la soudure.
- Il est important de bien définir le mot « disette ». Rappelons à la suite du grand médiéviste Philippe Wolff que c’est « la mort qui sépare » disette et famine : « lorsque les hommes meurent de faim, il est loisible de parler de famine ; la disette les fait seulement souffrir et, si elle peut les affaiblir au point de réduire leur résistance aux maladies, ce n’est qu’indirectement qu’elle se montre meurtrière » (Ph. Wolff, op. cit. p. 16). En période de soudure, la disette n’était pas un phénomène exceptionnel. Les pauvres des « champs et des villes » connaissaient régulièrement la faim pendant ces mois difficiles.
*Il est utile ensuite de s’interroger sur le prix de la mesure du blé. L’auteur du texte ne donne qu’un prix. Les élèves ne peuvent donc, seuls, dire qu’il fait allusion à l’enchérissement du blé : donc de la farine, donc du pain. Une fois encore, c’est au professeur de le dire. A cette étape, il est nécessaire d’expliquer que les mauvaises récoltes de l’année précédente sont responsables de la cherté du blé. En période de soudure, la hausse est classique. Les lignes 5 et 6 soulignent, si besoin était, l’ampleur de la pénurie. Les réserves et les greniers de la ville sont vides.
* « Les corps commencèrent à s’affaiblir… » (Lignes 6-9). Le professeur demandera aux élèves le sens de cette phrase. Le fait de ne pas suffisamment manger provoque une moindre résistance des organismes. C’est la conséquence de la sous-alimentation. A son tour, cette affaiblissement entraîne une très forte mortalité (un pic de mortalité pour reprendre une expression des historiens démographes). A lire l’auteur du texte, on n’avait pas à Tournai garder en mémoire une telle hécatombe. On peut en déduire que la situation est exceptionnelle ! [Les mots soulignés peuvent aider les élèves à construire un schéma fléché à partir du texte. Voir dernier § e et III].
* Les dernières lignes du texte (Lignes 9-16) soulignent l’ampleur de cette mortalité :
- toutes les classes sociales sont touchées (Lignes 11-12) ;
- l’air est empuanti par les cadavres que l’on ne peut enterrer rapidement tellement ils sont nombreux (Lignes 13-14) ; mais la « corruption de l’air » renvoie aussi aux croyances de l’époque quant à l’origine et à la propagation de la peste. Les auteurs « aéristes » expliquaient que « la corruption de l’air chaud et humide entraînait celle des “ humeurs” ». Ils affirmaient que cet air provenait de « L’Inde majeure où des signes alarmants se sont produits, comme des pluies de crapauds ou de grenouilles » (A. Demurger, op. cit., p. 16).
-les prêtres sont débordés pour donner les derniers sacrements et une sépulture chrétienne à ces cadavres (Lignes 14-15).
C’est peut être à propos de la première affirmation que le travail de présentation du document prend son sens : ici, l’auteur. En effet, tous les historiens s’accordent à dire que les disettes et les famines étaient « socialement sélectives ». Philippe Wolff (et bien d’autres historiens médiévistes à sa suite) rappelle que « l’inégalité sociale joue à plein » (op. cit. p. 22). Phénomène très classique. Il en était parfois de même pour les épidémies. Lorsqu’elles éclataient en ville, les riches se réfugiaient dans les campagnes. Les études montrent que les contagions « ravageaient plus les quartiers populaires » (op. cit. p. 32). Il est vrai cependant que « les grands de ce monde ne furent pas épargnés » par ces épidémies de peste. L’auteur du texte est un abbé. Il est probable qu’il veut affirmer l’égalité des chrétiens devant la mort. On sait par ailleurs que les famines ou les épidémies provoquaient des haines de classe (Ph. Wolff, op. cit., p. 36-40).
Néanmoins, on peut se poser la question suivante. S’agit-il vraiment d’une disette ? Seule une véritable famine pouvait provoquer une pareille hécatombe, une telle horreur.
Le texte cité par le manuel Hachette (1997, p. 106) est malencontreusement tronqué. Dans la version originale du texte, la disette a été suivie par une famine ! (Lire plus bas § f) N’y-a-t-il pas eu en même temps une épidémie ? Dans le cadre d’un cours, il est légitime de se poser des questions afin d’être prudent sur les conclusions que l’on peut tirer de l’exemple de Tournai. Ceci nous amène à la généralisation.
d) Du cas particulier à la synthèse
A l’issue du travail des élèves, se pose le problème de la synthèse. Nous sommes en classe de 5ème et il n’est absolument pas question de faire avec ces élèves un cours à caractère universitaire.
Par contre, il faut passer de ce cas particulier (une crise de subsistance très grave dans la ville de Tournai) à la « généralisation ». Autrement dit, cet exemple est-il révélateur des difficultés alimentaires que connaît l’Occident médiéval ? La réponse est nécessairement nuancée et nous renvoyons les lecteurs de ce dossier à la bibliographie. Les élèves peuvent aussi s’appuyer sur le manuel pour se demander si cet exemple est caractéristique de la grave crise agraire qui a frappé cette partie de l’Europe. La réponse sera positive.
Quoi
qu’il en soit, nous suggérons le résumé suivant : « Comme
à Tournai, l’Europe connaît à partir de 1315 des difficultés alimentaires.
Disettes et famines se multiplient dans plusieurs régions. Elles rendent
surtout les populations plus fragiles aux épidémies ». Ainsi, le lien est établi avec le second volet de la
leçon : les épidémies.
L’idée de partir d’« une étude de cas » (par exemple Tournai et sa région) est excellente. Les professeurs rechercheront dans les manuels de 5ème (Nathan et Hatier par exemple) les enluminures qui accompagnent la chronique de Gilles de Muisit (Les ravages de la peste à Tournai ; une procession de flagellant à Tournai ; etc.). Comme pour le programme de géographie de seconde, il faut veiller au choix des exemples. Ils ne doivent pas être choisis comme « l’exception qui confirme la règle ». Au contraire.
Sur la crise de l’Occident médiéval, les documents ne manquent pas et les manuels de 5ème sont, à ce titre, très utilisables [moyennant un regard critique !]. Aux professeurs de se constituer un petit corpus documentaire pour mettre véritablement et efficacement les élèves en activité dans le cadre d’une leçon RIGOUREUSEMENT construite avec ou sans fiche !!! C’est très souvent le manque de rigueur et l’absence de réflexion didactique (voire épistémologique) qui nuisent au bon déroulement des leçons.
e) Un exemple de trace écrite
- On peut, à partir de ce texte, construire avec les élèves un petit schéma simple destiné à mettre en relation les phénomènes qui ont été repérés. Voir ma proposition en § III. Pour la réalisation des schémas fléchés, je renvoie à ma contribution intitulée « Sous le signe du sagittaire ». Taper :
- Ce schéma permet de travailler sur la notion de crise de subsistance. Il peut être complété par un document sur la peste à Tournai (1349) : une enluminure qui représente les ravages cette épidémie accompagne la chronique de Gilles de Muisit (voir Manuel Hatier 2000, p. 105).
f)
A propos de la reproduction du texte de Gilles de Muisit
Le texte sur lequel travaillaient les élèves est extrait du manuel Hachette, 1997, p. 106. La reproduction qui en est faite est, hélas, tronquée. On trouve ce texte dans Textes et documents d’histoire du Moyen Age, XIVe-XVe siècles, tome 1, Paris, 1970, S.E.D.E.S., pp 8-9. Il est reproduit dans Le Moyen Âge XIe-XVe siècle. Histoire médiévale, Bréal, collection grand amphi, sous la direction de M. Kaplan, p. 302, sous le titre explicite « La famine en Flandre (1316) ». Les professeurs trouveront dans cette excellente collection de courtes synthèses (une dizaine de pages) qui disent l’essentiel sur le plan scientifique (c’est très largement suffisant pour le collège).
Nous citons in extenso le texte [d’après l’édition Bréal] avec, en gras et en italique, les passages qui ont été supprimés dans le manuel Hachette.
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« La même année, il y eut une telle pénurie de vin en France que l’on ne buvait à Tournai que des vins de Saint-Jean. Cette année-là aussi [1316], après la disparition du roi Louis, en raison des pluies torrentielles et du fait que les biens de la terre furent récoltés dans de mauvaises conditions et détruits en maints endroits, ils se produisit une disette de blé et de sel telles que la rasière de sel était vendue 6 livres ; et la disette augmentait de jour en jour. L’année 1316, vers mai, la pénurie et la disette avaient augmenté et il y eut dans nos régions des intempéries et des désordres atmosphériques ; la rasière de blé se vendait 60 sous, la rasière d’avoine 27 sous, la rasière de pois 45 sous et encore à peine pouvait-on s’en procurer pour de l’argent. Et le peuple commença en bien des endroits à manger peu de pain, parce qu’il n’y en avait pas et beaucoup mélangeaient comme ils le pouvaient des fèves, de l’orge, des vesces et tous les grains qu’ils réussissaient à se procurer et ils en faisaient du pain qu’ils mangeaient. En raison des intempéries et de la famine intense, les corps commencèrent à s’affaiblir et les infirmités à se développer et il en résulta une mortalité si forte qu’aucun être alors vivant n’en avait jamais vu de semblable ou n’en avait jamais entendu parler. Je certifie qu’à Tournai il mourait chaque jour tant de personnes, hommes et femmes, appartenant aux classes dirigeantes, moyennes et pauvres, que l’air était pour ainsi dire corrompu et que les prêtres des paroisses ne savaient plus de quel côté se tourner. De pauvres mendiants mouraient en si grand nombre dans les rues, sur les fumiers et partout que les conseillers de la cité donnèrent l’ordre et confièrent le soin à certains de porter les corps pour les ensevelir en deçà de l’Escaut à Val de la Vigne et au-delà de l’Escaut dans un lieu appelé Folais, et pour chaque personne [ensevelie] un salaire déterminé était versé ». |
La plupart des coupures du manuel Hachette se justifient. Néanmoins, la disparition de la phrase contenant le mot famine soulève des difficultés d’interprétation (voir commentaire § c) à partir du moment où le professeur demande aux élèves de définir le mot disette. Certes, il n’est pas possible pour tout texte cité dans un manuel scolaire de vérifier la qualité de la reproduction ou de remonter à la source. Et l’on comprend très bien qu’il est nécessaire de disposer de textes « courts » et pas « trop compliqués » pour des élèves de collège voire de lycée.
Toutefois, dans ce cas précis, on ne peut que regretter la malencontreuse disparition du mot-clé « famine ». Toutefois, même si le professeur ne connaît pas le texte original, il est possible de déduire que cette très forte mortalité était due non pas à la disette mais à la famine. Cette déduction renvoie à la dimension critique de la démarche historique.
Je propose la version suivante avec, en gras et en italique, les passages dont on peut, éventuellement, se dispenser selon le niveau des élèves :
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« Cette année-là aussi [1316], (…) en raison des pluies torrentielles et du fait que les biens de la terre furent récoltés dans de mauvaises conditions et détruits en maints endroits, ils se produisit une disette de blé (…) ; et la disette augmentait de jour en jour. L’année 1316, vers mai, la pénurie et la disette avaient augmenté et il y eut dans nos régions des intempéries et des désordres atmosphériques ; la rasière de blé se vendait 60 sous, la rasière d’avoine 27 sous, la rasière de pois 45 sous et encore à peine pouvait-on s’en procurer pour de l’argent. Et le peuple commença en bien des endroits à manger peu de pain, parce qu’il n’y en avait pas et beaucoup mélangeaient comme ils le pouvaient des fèves, de l’orge, des vesces et tous les grains qu’ils réussissaient à se procurer et ils en faisaient du pain qu’ils mangeaient. En raison des intempéries et de la famine intense, les corps commencèrent à s’affaiblir et les infirmités à se développer et il en résulta une mortalité si forte qu’aucun être alors vivant n’en avait jamais vu de semblable ou n’en avait jamais entendu parler. Je certifie qu’à Tournai il mourait chaque jour tant de personnes, hommes et femmes, appartenant aux classes dirigeantes, moyennes et pauvres, que l’air était pour ainsi dire corrompu et que les prêtres des paroisses ne savaient plus de quel côté se tourner. De pauvres mendiants mouraient en si grand nombre dans les rues, sur les fumiers et partout que les conseillers de la cité donnèrent l’ordre et confièrent le soin à certains de porter les corps pour les ensevelir en deçà de l’Escaut à Val de la Vigne et au-delà de l’Escaut dans un lieu appelé Folais, et pour chaque personne [ensevelie] un salaire déterminé était versé ». |
Avec cette version, on montrera que la disette se transforme en famine malgré le « recours aux nourritures abjectes » (Bréal, p. 302). Ces nourritures indigestes sont responsables de la malnutrition de nombreux habitants, des plus pauvres surtout. Cette très forte mortalité est due à l’effet conjugué de la dénutrition et de la malnutrition. Il serait intéressant de savoir quelle était la nature de intempéries (coup de froid ? très forte humidité ? Probablement les deux réunis).
g) Filmographie :
Pour l’étude de cette période, nous conseillons aux professeurs d’utiliser, en classe, le film « Au temps de la guerre de 100 ans : Gerberoy, un siècle noir ». Ce film d’une dizaine de minutes se trouve dans la collection Parcours d’Histoire/compilation 1/Galilée, émission du CNDP et de la 5ème/1999. La plupart des films de cette série (basée sur la reconstitution des paysages de jadis ou de naguère) sont d’un très grand intérêt pédagogique. Dans chaque cassette, le professeur trouvera le découpage du film (avec le minutage précis) et d’utiles conseils pédagogiques. On ne peut que regretter la sous utilisation en classe de la collection Galilée.
h)
Bibliographie sommaire
G. Bois, La grande dépression médiévale, XIVe et XVe siècles. Le précédent d’une crise systémique, PUF, 2000.
Ph. Contamine, L’économie médiévale, A. Colin, 1993
Jean Delumeau Les malheurs des temps. Histoire des fléaux et des calamités en France, Larousse, 1987.
A. Dermuger, Temps des crises, temps d’espoir. XIVe-XVe siècles, Nouvelles Histoire de la France contemporaine, N°5, Seuil, 1990. Voir les pages 13 à 20.
G. Fourquin, Histoire économique de l’Occident médiéval, A. Colin, 1969.
R. Fossier, Le Moyen Age, le temps des crises (1250-1520), A. Colin, 1997.
Ph. Wolff, Automne du Moyen Age ou printemps des temps nouveaux ? Aubier, 1986. Un ouvrage ancien mais encore très utile.
Jean-Paul CHABROL, formateur Histoire-Géographie (PE 1 et PCL1 et 2)/ IUFM d’Aix-Marseille/ mai 2002