Paul Nicolas, Groupe de
développement de géographie, IUFM Aix-Marseille, juin 2006.
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Programme de Terminale |
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Réflexion sur le programme |
Débats,
positions, points de vue. |
L’objet de ce texte est de procéder à une analyse critique de 3 manières de représenter le monde qui sont au cœur du chapitre du programme de Terminale (L, ES) intitulé « l’espace mondialisé ».
Ce programme nous invite à montrer l’espace mondialisé comme :
L’analyse des cartes ou plus largement des représentations du monde produites, dans le passé, par les sociétés humaines, montre des constantes révélatrices. Certes, elles s’appuient sur des éléments tirés de l’observation, mais les représentations construites sont profondément marquées par la culture de ces sociétés. Ainsi, très généralement, ces représentations sont centrées sur la société dont elles émanent. Elles sont imprégnées de l’idéologie (souvent religieuse) qui les anime. Enfin, elles introduisent souvent une coupure entre ces sociétés et un ailleurs mystérieux ou barbare.
Les programmes nous invitent à présenter à nos élèves l’espace mondialisé tel qu’il est. Nous faisons hypothèse qu’il s’agit d’une représentation du monde dont on peut déceler les arrières plans idéologiques.
Pour des raisons de commodité, ce texte a été coupé en trois fichiers
séparés :
1. Oui, le monde est dominé par trois
grands centres d’impulsion mais…
2. Opposer le Nord et le Sud : est-ce une
division pertinente aujourd’hui ?
3. De l’usage délicat des cartes
représentant les religions et les aires de civilisation.
IMPORTANT : le document comprend de nombreux schémas. Il peut se
produire ponctuellement des difficultés d’affichage. Vous pouvez donc dans ce
cas ouvrir les fichiers PDF ci-dessous.
Conclusion :
Un monde dominé par la Triade, où
s’opposent les pays du « Nord » et les pays du « Sud », et
que divisent et séparent de grandes aires de civilisations : autant
d’évidences qui méritent d’être déconstruites et qui ne sont pas neutres. Elles
sont chargés d’une vision du monde, dont nous devons être conscients. Nos
programmes et nos manuels de géographie, hier comme aujourd’hui, restent
marqués par la culture qui nous baigne. L’européocentrisme, le sentiment de
supériorité vis-à-vis des populations plus pauvres du monde, parfois la culture
de la peur de l’autre et de sa diabolisation peuvent constituer le message
implicite de certaines cartes. Certes,
toute carte (comme tout cours de géographie) est une interprétation du réel et,
de ce fait, opère des choix. Donc il faut apprendre à nos élèves à utiliser,
confronter mais aussi prendre distance avec les cartes. Beaucoup de nos élèves
ne retiennent que ce qui vient renforcer les représentations qu’ils ont du
monde. Aussi, notre rôle d’enseignant est plutôt de bousculer ces
représentations ou tout au moins de les questionner. Encore faut-il que nous
cessions de croire que le discours du géographe (y compris lorsqu’il
utilise le langage cartographique) décrit le monde tel qu’il est.
Paul Nicolas.