Les aménagements touristiques
balnéaires du littoral
languedocien
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Classes
visées |
NOTIONS |
SAVOIR-FAIRE |
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Cycle III (école
primaire) |
Aménagement
du territoire Paysage(s) |
Modélisation
graphique Schéma
fléché |
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Sixième |
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Quatrième |
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Seconde |
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Première |
Composition du dossier
I°
Pistes et suggestions pour étudier ce thème.
II°
Ensemble de textes :
la côte languedocienne avant et après les grands aménagements
III°
Un exemple de graphe corrélatif (schéma fléché)
IV°
Le « modèle » régional languedocien avant les grands aménagements
V°
Le « modèle » de la station balnéaire intégrée languedocienne
VI°
Le littoral
languedocien à travers quelques « modèles » graphiques (d’après R.
Brunet et R. Ferras)
VII°
A propos de deux films de la série « Galilée » sur l’aménagement des
côtes languedociennes et des paysages qui en découlent.
Mots-clés
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Mots-clés |
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station
balnéaire intégrée, marina aménagement
intégré modèle côte, rivage,
lagune, lido héliotropisme |
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I° Pistes et suggestions pour étudier
cette question.
Plusieurs manuels scolaires des
classes de seconde, de quatrième
et première
proposent des documents sur quelques grandes stations balnéaires du
littoral languedocien : Le Cap d’Agde, Gruissan, Port-Camargue, La
Grande-Motte [On trouve aussi des documents similaires dans des ouvrages de 6ème
et de B.E.P.]. Généralement, les auteurs de ces manuels proposent comme
supports d’apprentissage : deux cartes topographiques à des dates différentes (généralement au
1/25.000), associées à des vues aériennes obliques. L’objectif consiste à
comparer deux cartes afin de souligner la transformation du littoral. Ce
travail de comparaison, très formateur sur le plan intellectuel, aboutit
souvent à la réalisation d’un croquis de synthèse mettant en valeur la structure de la station
considérée.
Pour des raisons de droits,
il ne peut être question ici de reproduire ces documents cartographiques ou
photographiques (photos de la Grande-Motte ou de Gruissan par exemple). Le
professeur intéressé par ce dossier et cette question (les littoraux)
consultera des ouvrages de seconde [et/ou de première] pour y trouver des
documents adaptés aux objectifs qu’il se fixe. Au professeur donc, d’effectuer
cette recherche. Nous
voulons éviter de donner du tout « cousu main » ou du
« tout cuit » !!!!
Quelques exemples parmi beaucoup
d’autres : manuel Belin, 2de, 1996,
carte topographique d’Agde (p. 159) ; idem, 2de, 2001, cartes et
photographie du Cap d’Agde (p. 245) ; manuel Magnard, 2de,
2001, La Grande Motte (p. 215) ; manuel Magnard, 4ème, 1998,
photographie de Port Camargue (p. 303) ; manuel Bréal, 2de, 2001, Le Cap
d’Agde (p. 175) ; manuel Bordas, 2de, 2001, photographie de Gruissan (p.
139) et schémas
Dans le présent dossier, on trouvera
des documents variés qui ont pour but de permettre une meilleure connaissance
des transformations que ce littoral a connues à partir du milieu des années 60.
Un des objectifs de ce dossier est d’initier l’élève à une modélisation
graphique simple. Il s’agit en effet de montrer que ces stations
languedociennes renvoient, quelle que soit leur physionomie (paysages), à un
« modèle » : la station balnéaire
intégrée qui présente maintes analogies avec la station
de ski intégrée. Les logiques qui ont
conduit à la création de ces stations sont souvent les mêmes : intégration
(si possible maximale) sur un espace limité (ou réduit) d’infrastructures,
d’habitats et de services pour satisfaire les besoins des vacanciers et des touristes.
L’exemple du Languedoc-Roussillon permet aussi de mettre en relief le
rôle de l’Etat (par l’intermédiaire de la D.A.T.A.R.) dans
l’aménagement du territoire.
A/ Exemples de scénarios de leçon
(ou de séquence) :
1° Comparaison de deux cartes topographiques ou
de deux photographies
(le constat) ;
2° Le pourquoi de ces
transformations : textes, schémas, graphe (les explications) ;
3° Réalisation de croquis ou de
schémas.
*Quelles sont les
notions et vocabulaire à faire acquérir ?
Notions :
paysage, aménagement, littoral.
Vocabulaire :
infrastructure(s), équipement(s) ; station intégrée ;
« grau », côte, rivage, lagune, littoral, cordon, lido. Pour les
définitions, se reporter au § II à la suite des texte.
*Travail dirigé (travail qui peut être
effectué en module).
Le professeur partira donc de la
comparaison de deux cartes à deux dates différentes. L’idéal est de
faire travailler la classe sur deux ou trois stations languedociennes afin de
confronter les résultats et de dégager des traits communs qui aboutiront à la
notion de « modèle ». Il est très important de donner aux élèves la
légende de la carte topographique de l’IGN au 1/25 000. Dans les antennes
régionales de l’IGN, on trouve des brochures gratuites qui présentent les principes de la carte topographique.
Elles peuvent être prêtées aux élèves pour cette séance de travail dirigé. En
effet, dans plusieurs manuels (anciens ou récents) que nous avons consultés,
les extraits de cartes ne sont pas accompagnés de légende. Autre inconvénient :
les cartes sont à des échelles différentes (1/50.000 et 1/25.000) : c’est
parfois déroutant pour les élèves qui font des calques (ex. Magnard, 2de,
2001)
Si les élèves découvrent pour la
première fois, la carte topographique, il est important de leur apprendre à être
rigoureux, méthodiques et dans l’observation et dans le classement des données.
On ne peut se contenter de leur dire « étudier » ou
« comparer » (ou encore « analyser ») ces deux cartes. Sous l’indispensable conduite du
professeur, il faut donc
qu’ils classent (ce travail peut se faire à l’aide d’un tableau à plusieurs
entrées) les éléments qu’ils repèrent progressivement sur les cartes :
côte, plage, etc. ; habitat et bâti (urbanisation) ;
infrastructures ; occupation du sol. Avec l’expérience, il est souhaitable
d’aboutir à une trace écrite rédigée (synthèse collective faite à
l’aide des observations des élèves) dont voici deux exemples : pour Agde
(cartes de 1952 et 1990) et le Grau-du-Roi/Port-Camargue (idem. La portion
de carte choisie va du secteur de la Grande-Motte à Port-Camargue).
B/Trois exemples de ce que les
élèves et le professeur devraient mettre en valeur (Agde, Le Grau-du-Roi,
Gruissan).
1° Agde :
À 38 ans de
distance, les deux cartes permettent d’étudier l’évolution de la
densité d’occupation du sol. Elle est liée à deux phénomènes majeurs
étroitement liés entre eux :
Le premier : la croissance urbaine puisque la ville d’Agde est passée de 7.600
hts à 20.303 hts (permanents, chiffre de 1999). La population a été multipliée
par 2,6 : autrement dit, elle a plus que doublé. Il est important de faire
remarquer que la population estivale est encore plus nombreuse.
Le second : la création artificielle d’une station balnéaire au Cap d’Agde.
Autour du noyau urbain ancien de la ville d’Agde,
on remarque un phénomène classique d’extension de l’habitat. L’agglomération
s’étend en direction du Sud et de l’Est, le long de cinq axes routiers. Cette
urbanisation (sous forme de lotissements ?) s’accompagne de la création de
zones d’activités commerciales et « industrielles ».
Par ce mot, il faut entendre probablement des activités artisanales ou de
services. Ce même phénomène d’urbanisation se remarque au Sud le long de la
côte entre la Chevrette et le littoral. Ce dernier est de plus en plus
densément occupé par des habitations isolées : « mitage »
d’une ancienne zone vinicole.
La plus spectaculaire densification de l’occupation du
sol concerne la zone située entre le mont Saint-Loup et le Cap D’Agde. Dans
cette zone lacustre, occupée jadis par deux étangs et des marais,
deux ports et de nombreuses constructions occupent une superficie supérieure à
celle de la ville d’Agde. Il s’agit d’une « marina » (une
station les « pieds dans l’eau » où le vacancier peut avoir son
bateau quasiment au pied de sa résidence).
Cette structure (forte intégration
des accès et des équipements) fait songer aux grandes stations de ski intégrées
[Dans ces dernières, le touriste trouve aussi tout sur place et peut chausser
ses skis au pied de son logement].
Cette urbanisation s’est accompagnée de la
multiplication d’infrastructures bien repérables sur la carte la
plus récente. On entend par infrastructures : l’ensemble des
équipements publics qui permettent la circulation des biens et des personnes et
qui nécessitent des équipements adaptés. Nous proposons pour les élèves la définition suivante : ensemble des équipements techniques fixes
destinés à satisfaire des besoins (sociaux) collectifs. On relève :
*Les équipements routiers et de transport : un
pont nouveau sur l’Hérault, des carrefours, des échangeurs
(nombreux), des routes, une voie rapide de contournement
(éviter l’embouteillage de la vieille ville d’Agde en période estivale), des parkings.
Certaines routes sont nouvelles, d’autres ont été élargies. On peut aussi
mentionner l’héliport et le canal du Midi qui
a été presque entièrement « reprofilé ». Il semblerait aussi que la gare ait été agrandie. Notons
enfin un port fluvial sur un canal greffé sur l’Hérault.
*Les équipements hertziens : centre
récepteur.
*Les équipements portuaires : il s’agit
de ports de plaisance (4 ou 5). On note aussi des chenaux
d’accès ainsi que des digues pour protéger ces ports.
*Les équipements destinés à la maîtrise de l’eau
(équipements hydrauliques) : un étang (Bagnas) a bénéficié
d’équipements (ou d’aménagements) dont on ignore la nature (bassins pour
l’aquaculture ?). Peut-être s’agit-il de travaux destinés à l’assèchement
de cette partie de l’étang ? Une digue dans le secteur du
marais du petit Bagnas : on pourrait penser à un petit polder
(?) car les marais semblent avoir été asséchés (à l’est du lieu-dit Maraval).
Même équipement mais plus restreint dans le secteur de Saint-Martin des Champs.
*Les équipements de loisirs : piscine,
plages aménagées, campings (nombreux), espaces(s) vert(s),
deux stades. Point de vue aménagé (panorama) au sommet du Mont Saint-Loup (111
mètres d’altitude).
*Les équipements de services : station
d’épuration liée probablement à l’accroissement de la population et au
souci d’éviter des rejets d’eau polluée dans un secteur où les plages sont
nombreuses (curieusement le Cap d’Agde ne possède pas de station
d’épuration ?), réservoirs destinés à l’alimentation en eau
domestique, terrains aménagés pour abriter une zone commerciale
et un centre commercial. Le cimetière a été
agrandi. Une cave coopérative apparaît sur la carte de 1990. Mais
il est probable - compte de la superficie occupée par les vignes en 1952 -
qu’elle existait déjà mais qu’elle n’avait pas été nommée par les cartographes
de la première carte.
En conclusion, de nombreux équipements destinés à
satisfaire une population résidente en accroissement et une population estivale
que l’on présume très nombreuse en été. Ce qui frappe c’est l’importance des
équipements de transports (l’accent étant mis sur l’accessibilité
en relation avec l’autoroute La Languedocienne) et des équipements de tourisme.
En conclusion, alors qu’en 1952 les vignes occupaient une superficie importante, elles ont - en grande
partie - disparu à cause du développement d’un habitat, plus ou moins programmé
selon les secteurs. Le littoral, peu peuplé en 1952, est aujourd’hui - en
partie – « bétonné » pour satisfaire les besoins touristiques
régionaux, nationaux et européens (voir l’héliport probablement relié
aux aéroports de la région et réservé à une clientèle fortunée).
Cette portion de
littoral est donc entièrement artificialisée.
2° Le Grau-du-Roi/Port-Camargue :
A/Un exemple de tableau que peuvent réaliser les élèves sous
la conduite du professeur :
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Années 50 |
Années 90 |
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Environnement, et milieu physique |
Côte basse et sableuse lagunes cordon littoral
(=lido) flèches sableuses (le rivage est peu transformé par opposition aux lagunes
qui ont bénéficié de travaux pour réguler les eaux) |
Régularisation et modification du rivage
(surtout au sud et au nord-ouest) Transformation des lagunes Régularisation (endiguement) de l’embouchure
du Vidourle Développement (artificiel) d’une végétation
forestière (le milieu a été profondément bouleversé et transformé) |
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Habitat |
Un bourg à plan
géométrique Habitat groupé |
Extension et densification du bâti la Grande-Motte/Port-Camargue Habitat en barre (formes rondes) habitat individuel et collectif |
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Infrastructures de transport |
Deux axes routiers Voie ferrée (cf.
station) |
Extension du réseau routier multiplication des rues ou des avenues route de contournement grand carrefour chenaux de navigation Gare pylône de télécommunication |
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Infrastructures portuaires |
phare et feux (le chenal sert de
port ?) |
3 nouveaux ports (dont deux importants) Feux portuaires |
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Infrastructures hydrauliques |
2 réservoirs et une station
(de pompage?) quelques canaux des chaussées pour
contenir les eaux des étangs Chenal principal |
château d’eau stations de pompage (8) canaux pour l’irrigation et le drainage des
sols chaussées et digues |
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Équipements touristiques |
Ils n’apparaissent pas
sur la carte [Hypothèse : camping sauvage ?] |
Campings Villages de vacance Centres équestres Centre nautique téléski nautique casino arènes (courses de taureaux) colonie de vacance aire de jeux (?) plages aménagées (épis) |
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Équipements sociaux |
maison de santé
(isolée !) |
Écoles piscine centre éducatif centre médico-chirurgical |
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Activité agricole |
viticulture Hypothèse : Élevage
camarguais ? Quelques
« mas » (propriétés agricoles) |
viticulture (en fort recul sur la côte mais en
développement sur les cordons) Hypothèse : Élevage
camarguais ? Recul du nombre des « mas » |
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Activité « industrielle » |
Marais salants
(production de sel marin) |
Chantiers navals (liés au tourisme nautique) |
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Services |
? |
zone commerciale zone artisanale douane capitaineries |
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Activité touristique |
Faible (en apparence) |
forte |
B/
Synthèse écrite (à construire collectivement à partir des réponses des
élèves) :
A 40
ans de distance, les deux cartes soulignent les profondes transformations
de la côte languedocienne dans le secteur du Grau-du-Roi. Cette
comparaison met en évidence trois
phénomènes majeurs [étroitement liés entre eux] :
*le premier : La
croissance urbaine et démographique du Grau-du-Roi qui passe de
2.000 hts à 5.936 hts (la population a triplé mais il s’agit seulement de la
population permanente. Chiffre de 1999) ; le second : la création de deux stations balnéaires
ex nihilo (Port-Camargue et la Grande-Motte qui est aussi une agglomération
de 6.598 hts en 1999) de part et d’autre de la « vieille » et
populaire station du Grau (« doublet urbain » lié à Nîmes) ; le troisième
: l’artificialisation
impressionnante de cette portion de littoral qui touche aussi bien le rivage
que la zone des étangs. Il n’est
plus possible de parler ici de milieu « naturel ».
[Le professeur peut ajouter de façon magistral : ces
transformations sont le résultat d’une politique volontariste de l’État
entreprise à partir de 1963 dans le cadre de l’aménagement du territoire. La Grande-Motte date de
1967; Port-Camargue est plus récent : 1970. La côte, peu peuplée et faiblement
aménagée dans les années 50, est aujourd’hui - en partie –
« bétonnée » pour satisfaire les besoins touristiques régionaux,
nationaux et européens. Le professeur pourra présenter au rétroprojecteur et
commenter le schéma fléché
(§III) qui a pour ambition d’expliquer cette politique d’aménagement].
3° Gruissan
(comparaison de deux photographies
aériennes à deux dates différentes) :
[N. B. Le travail qui suit a été effectué avec des
étudiants qui passaient le concours du professorat des écoles. Les étudiants
devaient monter une séquence de cours à partir de ces deux photos pour des
élèves de CE2/CM1. Ci-dessous, les suggestions de l’auteur de ce dossier. La
démarche proposée est, à mon avis, applicable en classe de 6ème].
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Insertion de la leçon dans le
programme de géographie |
Les
I.O. (1995)
offrent trois possibilités d’insertion : *les
grands types de paysages (p. 69 des IO) *Le
travail des hommes et l’organisation de l’espace (poser la question de
l’aménagement et de l’environnement dans une première démarche d’analyse
géographique) *La
diversité des régions françaises et leur aménagement. Compte tenu du document (relativement
simple à analyser malgré sa taille réduite et sa lisibilité médiocre), cette
leçon s’insère dans l’étude des « grands paysages français » d’où
le niveau de classe choisi ci-dessous. |
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Niveau de classe |
C.E. 2 (cycle des
approfondissements/niveau I) |
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Matériel requis |
papier-calque, crayons ou feutres de
couleur. |
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Problématique pédagogique |
montrer
l’impact (ou l’ampleur) d’un aménagement touristique sur une côte/ les
transformations du paysage |
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Objectifs de connaissances |
-
paysage touristique littoral -
Notions : aménagement touristique/Aménagement de l’espace. -
Vocabulaire : côte, rivage, étang (lagune), port de plaisance, habitat
groupé, station balnéaire, marina |
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Objectifs méthodologiques |
lire
et comparer deux photographies; les décrire à l’aide d’un vocabulaire
géographique approprié; réaliser un croquis (schéma) simple. Ces objectifs
ont pour but d’initier les élèves à analyse géographique. |
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Compétences mises en oeuvre |
savoir
traiter de l’information (p. 91 et 92)/lire une photographie en tenant compte
de l’angle de vue (horizontal, oblique,
vertical) et en distinguant, si nécessaire, les différents plans (p.
117)/identifier et décrire les paysages français à partir de photographies
(p. 117)/Utiliser des outils diversifiés (p. 118) |
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Trace écrite |
croquis
légendé (+ éventuellement un court résumé) |
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Situation d’apprentissage |
-Travail
individuel sur les deux photographies + cours dialogué pour les réponses
(notées au fur et à mesure au tableau) -Travail
en binôme pour le croquis |
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Cheminement de la leçon (ou scénario) |
TITRE
: Du vieux village à la nouvelle station balnéaire (Cette leçon peut être dédoublée :
première partie pour les points 1, 2 et 3/Deuxième partie : pour le point 4) 1°
Localisation du lieu à l’aide d’une carte Question
: Où se situe Gruissan? Réponse par écrit sur le cahier. Rép. : Près de... Au
bord de ..... Dans une région qui se nomme le...... (Eventuellement le
département). Durée : environ 5’. 2°
Observation de la première photo (en cachant avec une feuille la seconde
photo) Quest.
: Que distingue-t-on sur cette photo? Réponses par écrit sur le cahier ou au
tableau. Rép. : on tentera de classer au tableau les différents éléments : le
village et sa forme (éventuellement un petit schéma que les élèves noteront
aussi sur le cahier); la présence de l’eau : étang, marécages, la mer dans le
lointain ; un relief isolé (ancienne île?) Durée : environ 10’ 3°
Comparaison des deux photos. Quest.
: Qu’est-ce qui a changé? Qu’est-ce qui est nouveau dans le paysage? Réponses
par écrit ou au tableau. Rép. : un vaste plan d’eau qui s’ouvre sur la mer
par des jetées, des constructions autour d’un port, des routes. Les marais du
second plan semblent avoir disparu (comblement ?). Les espaces verts semblent
avoir progressé. Le village n’a apparemment pas beaucoup changé hormis
un boulevard qui le ceinture au premier plan. D’autres éléments apparaissent
à l’horizon mais le document n’est pas assez net (plages ? Campings ?
parkings pour caravanes ? Lotissements ? Ces hypothèses ont de fortes chances
d’être validées par des documents annexes. Mais le professeur peut affirmer
(sans crainte d’être démenti) que ces éléments « découverts » par
les élèves existent bel et bien. Durée : environ 15
à 20’ 4°
Élaboration d’un schéma ou d’un croquis qui servira de trace écrite et de
synthèse Soit
un croquis sur une feuille de papier calque/Soit un schéma à partir du
premier travail fait à propos du village (Voir 2°). On distinguera, sur le
croquis ou sur le schéma, les grandes unités paysagères à partir des
trois plans facilement reconnaissables qui correspondent à des structures
spatiales particulières. On peut envisager 2 schémas ou croquis qui
respectent – séparément - la chronologie. Synthèse
: Pourquoi a-t-on construit cette station balnéaire ? Quand ? Éventuellement
qui ? Les réponses aux deux dernières questions seront données par le
professeur. On fera remarquer que beaucoup de stations balnéaires
languedociennes ressemblent à Gruissan : un vieux village, à proximité une
nouvelle « ville » autour d’un port, des immeubles, des villas, des
plages et des campings. Toutes les réponses seront notées sur le cahier dans
des « pavés » qui encadreront le croquis ou le schéma. un système
de flèches reliera les éléments entre eux. Durée
: 15 à 25’. |
|
Évaluation prévue |
un
travail à partir de photos sur une autre station balnéaire qui présente soit
les mêmes caractères (même modèle) soit des différences (écart au modèle).
Mais l’objectif sera d’évaluer les élèves sur leurs capacités d’observation. Un croquis pourra être demandé.
Ce sera donc essentiellement une évaluation formative. |
II°
Ensemble de textes :
la côte languedocienne avant et après les grands aménagements
1° La côte
languedocienne avant les grands aménagements de la fin des années 60 :
« Une
côte plate et sans relief, invisible presque de la mer, un paysage marécageux,
extrêmement déboisé. Rien n’y attire ou n’y retient les visiteurs. (...) La
négligence des hommes a encore accentué le caractère ingrat de la côte. Une
dégradation lente et impitoyable se poursuit sans que personne s’en inquiète
sur place. Sans ordre, sans droit ni titre, des baraques faites de matériaux
les plus hétéroclites, planches tôles, vieux wagons même, s’élèvent directement
sur la plage qui se clochardise en de nombreux points ».
P. Racine, Missions impossibles, Éditions
méridionales, 1980.
« En
1960, le Languedoc-Roussillon était une côte sans relief, où l’herbe folle le
disputait au sable. Ni criques, ni fleurs, ni senteurs mais des étangs à perte
de vue se confondant avec la mer. C’est là, dans ce site sans doute le moins
fait pour supporter l’invasion de l’homme, mais envahi par les moustiques,
qu’il y a vingt ans le plus insensé des paris d’aménagement touristique a été
entrepris. Un pari productif : 200 km de côtes, 12 ports de plaisance,
120.000 à 130.000 logements, 600 à 700 000 lits, sept stations nouvelles,
voulues, administrées et planifiées depuis Paris. Que d’argent investi pour
démoustiquer, assainir, boiser, alimenter en eau potable, créer des routes et des
équipements ».
D. Arnaud, Le Nouvel Économiste, 6 août 1984 cité
Géographie, 1ère STT, Nathan. p. 111
2 °Le littoral
languedocien en 1969 vu par Roger Brunet, géographe :
« On
s’efforce d’exploiter d’une autre façon encore le soleil languedocien : le
temps est à l’organisation des vacances. La côte sableuse, sur 150 km, n’a pour
le moment que de très médiocres aménagements. On n’y compte guère que les
petites stations qui sont comme la banlieue balnéaire des villes : le
Grau-du-Roi pour Nîmes, Palavas pour Montpellier, Valras pour Béziers,
Narbonne-Plage, voire Gruissan et Leucate où les Toulousains viennent le
dimanche. Leur naissance date des années 1880 : les citadins y ont petit à
petit édifié des résidences secondaires, hétéroclites, qu’ils se sont mis à
louer l’été. Entre ces points, aux installations parfois précaires, c’est le
vide - où peu à peu s’étendent les villages de toile écrasés par de soleil. La
tentation était forte de concevoir un aménagement d’ensemble : le projet
est au point depuis 1963.
Six
grandes stations doivent être équipées en des lieux actuellement déserts, ou
auprès d’agglomérations naissantes : à la Grande Motte entre l’étang de
Mauguio et la mer ; au Cap d’Agde ; entre Valras et l’embouchure de
l’Aude ; et en Roussillon du Canet à Argelès. Quatre cent quatre-vingt
mille places seraient offertes aux estivants, en des lieux où la capacité
actuelle d’hébergement n’atteint pas le quart de ce nombre. Les plans ont été
conçus par des équipes d’urbanistes audacieux et comportent un éventail complet
d’installations, avec en particulier des ports de plaisance - celui de la
Grande motte doit bientôt être le plus grand de France -, et une autoroute de
liaison. Mais ces aménagements supposent d’importants travaux d’infrastructure.
La seule démoustication coûtera plus de 73 millions de francs ; le
nettoyage des rives des étangs, la construction des réseaux de routes,
d’électricité, d’égouts, exigeront plus de 500 millions. enfin cette côte est
un désert végétal, à vrai dire peu hospitalier ; depuis plusieurs années,
on s’efforce de la boiser, mais les essais en cours au Mas de la Grêle sur le
lido de l’étang de Leucate, et à Pech Rouge, sur le versant de la montagne de
la Clape, sont très décevants : le vent, plus encore que le sel ou le
soleil, grille les jeunes pins malgré toutes les précautions ; les crédits
nécessaires au boisement étaient évalués à 50 millions de francs, mais ils
devront sans doute être notablement accrus.
Au
total, le littoral exigera un investissement d’au moins 700 millions de francs
avant toute construction. L’État a acheté quelques terrains très tôt pour
“geler les prix” et réduire la spéculation : mais ces achats ne portent
guère que sur le vingtième de la superficie concernée ; sur le reste, les
prix du mètre carré ont déjà bondi. Les terrains aménagés par l’État sont, en
outre proposés aux promoteurs à des tarifs séduisants : comme les
acquéreurs sont libres de vendre les appartements qu’ils auront fait
construire, les premiers immeubles n’auront aucun mal à sortir de terre et les
promoteurs ne devront plus aller en Levant espagnol chercher leur paradis. Le
groupe Rothschild a solidement pris pied ; nul doute que les hommes
d’affaire d’outre Rhin soient attirés.
(...)
Il y a donc, au total, du nouveau. Mais, rien de tout cela n’a encore créé
beaucoup d’emplois, et tout est venu de l’extérieur. Le Languedoc est moins que
jamais maître des décisions qui commandent son économie. Les usines sont
animées de l’extérieur et le sort des grands aménagements agricoles,
touristiques ou scientifiques, sera ce que les crédits de l’État voudront bien
en faire.
(...)
Trop éloigné de Paris, le Languedoc n’a pas bénéficié des efforts de
décentralisation ; il a subi au contraire bien des récessions. Mais il
table sur l’exploitation intensive de son principal atout : le soleil, qui
pourrait en faire une grande région touristique si l’équipement n’est pas trop
onéreux, et une grande région agricole si l’eau parvient en abondance et si les
agriculteurs se laissent séduire (...). Pour le moment, l’avenir paraît plus
riche que les réalisations ; le revenu par tête y est de 20 %
inférieur à la moyenne nationale ; mais le Languedoc aurait-il tort
d’espérer ? ».
Texte extrait de L’Histoire du Languedoc, Éditions
Privat, Toulouse, 1969, chapitre XII Mutations
du XIX e et problèmes du XX e siècle, paragraphe Vers de nouvelles mutations,
sous-paragraphe La promotion du littoral.
3°
Le Languedoc-Roussillon vu par les géographes d’aujourd’hui :
« Le
littoral du bas Languedoc et du Roussillon est devenu, depuis les années 60,
une région touristique active : là où se trouve la plus grande partie des
25 000 chambres d’hôtels homologués et des 325 000 places de camping qu’offre
la région. Le littoral accueille chaque année 4 millions de personnes, dont 20
à 25 % d’étrangers (4 % de ceux venant en France). Si la Côte
Vermeille (Collioure, Banyuls) est depuis longtemps fréquentée, l’empreinte
humaine apparaît de plus en plus forte sur les littoraux sableux,
d’Argelès-sur-Mer au Rhône : magnifiques plages balayées fréquemment par
la tramontane (d’où le ciel bleu), en arrière desquelles les étangs offrent 30
000 ha de plans d’eau (dont 10 000 pour l’étang de Thau). Jusqu’aux années 60,
la côte languedocienne accueillait chaque fin de semaine, et aussi l’été des
citadins de l’arrière-pays et des paysans du vignoble : Canet, Le
Grau-du-Roi, Palavas-les-Flots, Valras et Gruissan sont les principales
traductions de cette première phase touristique qui vit aussi, après 1950, la
prolifération d’un camping individuel plus au moins sauvage.
En
1963, fut confié à la Mission interministérielle pour l’aménagement touristique
du Languedoc-Roussillon, l’aménagement des stations touristiques avec
équipement de ports de plaisance. La Grande-Motte et Port-Leucate commencèrent
à accueillir des touristes en 1968 ; Port-Barcarès en 1969,
Carnon-Solignac en 1971, le Cap d’Agde et Port-Camargue en 1971. Au total, une
vingtaine de stations s’égrènent sur le littoral, groupées en cinq unités
touristiques ; celles du Narbonnais sont moins dynamiques que celle du
Languedoc oriental. La côte languedocienne attire surtout les gens de la région
et les Parisiens ; les cadres moyens et les employés, mais aussi les
cadres supérieurs, et les membres des professions libérales sont les plus
nombreux. Mais quels que soient les aspects positifs de cet aménagement
(boisement, voirie), les autochtones s’inquiètent quelque peu du développement
d’une activité dont les effets sur l’économie régionale sont discutés ».
R. Froment et S. Lerat, La France, tome 2 Les activités, Bréal, p. 271, 1996.
4°
Date de création des stations languedociennes :
La Grande-Motte
= 1967
Saint-Cyprien
= 1967
Port-Leucate = 1968
Port-Barcarès
= 1968
Port-Camargue
= 1970
Le Cap d’Agde
= 1970
Gruissan = 1970
5
° Vocabulaire géographique :
Aménagement intégré : aménagement dont
les éléments forment un tout cohérent et qui s’insère correctement dans le
milieu local, physique (paysage) et social de façon à ne pas constituer
d’enclave. Ce type d’aménagement a donné naissance aux stations intégrées (balnéaires
ou de ski)
Lido : cordon littoral en position avancée à
l’entrée d’une baie ou d’une lagune. Ex. le lido languedocien.
Héliotropisme : attrait exercé par les régions
ensoleillées (hélios en grec = soleil)
Marina : type d’installation littorale moderne
qui consiste à rapprocher le plus possible les habitations balnéaires de l’eau,
afin de faciliter l’accès à celle-ci et au bateau amarré. Ex :
Port-Camargue ou Port-Grimaud.
Côte : c’est la terre vue de la mer, ce sont
les formes de relief qui se dessinent au-dessus des flots. C’est la zone en
relief qui domine l’estran et située au-dessus du niveau des marées hautes.
Rivage : c’est un tracé, c’est la ligne de
contact entre la terre et la mer. On peut
lui préférer le terme d’estran. Ce terme désigne la zone comprise entre
les hautes et les basses eaux (marées).
Littoral : c’est l’étendue
ou la zone où s’affrontent et s’interpénètrent la terre et la mer. C’est donc
la région sous influence, directe ou indirecte de la mer.
Lagune : espace marécageux, salés, séparés de la
mer par des cordons littoraux.
III°
Un graphe corrélatif
Sera mis en ligne ultérieurement
IV°
Le modèle régional languedocien avant les grands aménagements
*Qu’est-ce qu’un modèle ?
C’est
« une représentation schématique de la réalité, élaborée en vue d’une
démonstration » (F. Durand-Dastès). En tant que représentation
schématique, le modèle est une simplification qui aide à comprendre
l’organisation d’une réalité spatiale (structures, fonctions, dynamiques).
C’est une construction intellectuelle issue de la réalité, donc une
interprétation du réel. Sa première fonction est “démonstrative”; sa seconde
est didactique au sens où elle exprime graphiquement le résultat d’une
recherche. Le modèle doit être « esthétique », lisible et mémorisable
facilement. Autre définition du modèle : « une représentation formalisée
et épurée du réel » (F. Auriac) d’où l’utilisation d’outils graphiques, de
signes et de symboles d’où l’importance de la légende ordonnée.
*Sera
mis en ligne ultérieurement
V°
Le modèle de la station balnéaire intégrée languedocienne avant et après les
grands aménagements de la fin des années 60.
Sera mis en ligne ultérieurement
VI°
Le littoral
languedocien à travers quelques « modèles » graphiques (d’après R.
Brunet et R. Ferras)
Sera mis en ligne ultérieurement
VII° A propos de deux films de la série
« Galilée » sur l’aménagement
des côtes languedociennes et des paysages qui en découlent.
A/ Les supports
B/
Les séquences de ces deux films
B/
Quelques réflexions à propos de ces deux films
N. B. : Ces réflexions ont été proposées à des étudiants (P.E. 1) qui
devaient: 1° dégager la problématique scientifique des ces deux films ; 2° présenter leurs
limites ; 3° rédiger une brève conclusion sur leur intérêt pédagogique.
Problématique
A partir de
l’interrogation d’un
paysage languedocien, se déploie une problématique
centrale que l’on peut résumer ainsi : quel
équilibre trouver entre tourisme de masse, maintien des activités
traditionnelles et protection de l’environnement? Ou encore : le tourisme de
masse est-il compatible avec le maintien d’activités « traditionnelles »
et la protection de l’environnement?
Greffées à cette problématique, surgissent d’autres interrogations
scientifiques qui sont au cœur de la réflexion géographique : naissance et
transformation du « Paysage »
bien évidemment, mais aussi aménagement
du territoire ; transformation du « milieu » physique ;
contraintes, ressources et/ou aménités de ce « milieu » ; acteurs
sociaux ; enjeux, concurrence entre activités économiques ; dynamiques
spatiales... C’est enfin l’avenir économique de cette région qui est posée
puisque ces deux films s’interrogent sur ce qu’il faudrait faire (ou conviendrait de faire), à plus ou moins
brève échéance, pour surmonter un certain nombre de difficultés ou de problèmes
liés au « bétonnage » (titre du 1er film) de cette côte et
de la monoactivité touristique.
Le premier film - mais aussi le
second - montre que le paysage
de ces stations balnéaire peut devenir un handicap (une contrainte
négative, au même titre que le vent) et que le regard de la
société évolue. Dans les années 70, ces paysages étaient jugés attractifs pour
un grand nombre de touristes français ou européens, aujourd’hui ils suscitent –
parfois - des réactions négatives qui expliquent en partie la crise immobilière
(trop brièvement signalée). Ceci prouve une nouvelle fois que le
paysage n’est pas un objet de nature mais qu’il est un produit social, que ses
valeurs sont socioculturelles.
Ces films montrent que la politique
des grands aménagements conduits de l’extérieur (Paris, la D.A.T.A.R.)
est passée, place aux décisions locales plus proches des réalités (conséquence
de la régionalisation). Ils soulignent l’importance grandissante de l’attention
portée à l’environnement (que l’on ne peut confondre avec le
paysage. Ici le terme d’« environnement » renvoie à la qualité de
vie, la qualité de l’eau, au cadre de vie, etc.). On devine des conflits
entre ceux qui veulent empêcher toute extension de l’urbanisation du littoral
(les « écologistes » qui, soit dit, en passant ne sont
pas questionnés) et les élus locaux favorables à un
assouplissement des lois qui protègent le littoral français. Mais les
« écologistes » ne sont pas les seuls à se préoccuper de
l’environnement. Les pêcheurs et les ostréiculteurs sont sensibles au problème
des pollutions (rejets des effluents urbains). L’aménagement du littoral est devenu un
enjeu politique complexe où des logiques très contradictoires s’affrontent.
Ces films permettent aussi de
réfléchir à la notion de contrainte [négative ou positive]
à travers l’exemple du vent. C’est une contrainte négative (un handicap) plus
ou moins supportable pour le touriste non sportif mais c’est un atout
(une ressource aussi) pour le véliplanchiste qui ne craint ni l’eau froide, ni
les vagues. Ce petit exemple nous permet de réfléchir aussi à la notion de ressources.
Les forces de la nature (ici le vent) existent indépendamment des hommes :
c’est la société (ici, les besoins ludiques ou sportifs) qui fait de ces forces
une ressource. On voit comment le sport (et toutes les images qu’il nourrit et
qui lui sont attachées) peut conduire à valoriser des lieux a priori peu
favorables au développement touristique. Ceci prouve une nouvelle fois qu’il
n’y a pas de lieux a priori « voués » à telle ou telle
activité.
La valeur d’usage des lieux change
avec les besoins de la société. On devine enfin que les élus locaux aimeraient
« rentabiliser » la présence de ces sportifs en évitant le camping
sauvage, en encadrant cette activité, etc.
Limites
Quoique très riches sur
le plan informatif, ces deux films ne présentent que certains aspects d’une
réalité géographique beaucoup plus complexe. Mais on comprend que, pour des raisons de temps et en fonction du
public visé (les élèves de l’école primaire ou du collège), les réalisateurs ne
puissent pas tout aborder. Néanmoins, il aurait été intéressant de
connaître le point de vue des touristes (un seul témoignage peu
significatif). On ignore aussi le point de vue des résidents permanents
de ces stations balnéaires (résidents qui ne sont souvent ni des commerçants,
ni des pêcheurs, ni des ostréiculteurs). Quelques unes de ces stations sont
devenues des banlieues : ex. La Grande Motte pour Montpellier.
Les réalisateurs esquivent les
problèmes politiques que pose l’aménagement de cette côte. Or, tout
aménagement implique des décisions qui sont non seulement économiques mais
aussi politiques puisque depuis les lois de décentralisation, les élus locaux
(et régionaux) ont des responsabilités importantes.
On aurait aimé connaître le poids
démographique et économique des véliplanchistes (très ou trop présents?), les
causes de la crise immobilière qui est trop rapidement évoquée.
Il aurait été intéressant aussi de
s’interroger sur les pollutions provoquées, chaque été, par un afflux
brutal de population. Enfin le tourisme n’est peut-être pas seulement source de
nuisances. Il procure aussi des bénéfices en terme d’emplois, de ressources
fiscales et de retombées économiques. Les touristes sont également des
consommateurs dont profite l’économie locale (les viticulteurs et les pêcheurs
en conviennent). Il ne faudrait
donc pas en conclure que le tourisme de masse (terme souvent péjoratif) est un
phénomène négatif voire destructeur du « milieu » géographique (ou
culturel). On pourrait aussi s’interroger sur la réalité du
« bétonnage » (mentionné dans le titre du premier film mais peu
évoqué par la suite). La côte languedocienne n’est pas aussi
« bétonnée » que la Côte d’Azur. On aimerait aussi connaître les
raisons qui poussent certains élus à un développement de l’urbanisation de leur
commune littorale (pression des promoteurs immobiliers ? pression des
commerçants ? pression des électeurs qui pensent que le tourisme est capable
d’offrir des emplois et donc de lutter contre le chômage ?).
Conclusion
Ces quelques réserves ou critiques
ne doivent pas masquer l’essentiel à savoir le caractère très pédagogique (et
donc formateur pour les élèves) de ces deux films pour comprendre les
transformations du littoral languedocien et la formidable évolution des paysages que l’aménagement
volontariste de l’État (et aujourd’hui des collectivités locales) a provoqué.
L’analyse paysagère proposée dans le second film permet d’initier, avec
efficacité, les élèves à la lecture du paysage.
Bien évidemment, pour
atteindre des objectifs scientifiques plus ambitieux, des documents annexes
(cartes, photos, textes) sont nécessaires pour élaborer une synthèse et
comparer cette côte avec la Côte d’Azur ou d’autres côtes françaises
(ex. La Normandie, la Bretagne, etc.) ou étrangères. Ainsi, on pourra montrer
que cet aménagement
et les paysages qui
en découlent relèvent de « modèles » désormais bien connus et
historiquement datés : la « station balnéaire intégrée ».
Jean-Paul CHABROL/ IUFM AIX / pour le groupe
de recherche « géographie »