UNE ETUDE DE CAS : LES INONDATIONS AU BANGLADESH

 

Notions

Programmes

Savoir Faire

·        Risque

·        Programme de seconde

 

·        Construire un schéma fléché

 

 

 

1.      Quels objectifs :

 

Dans cette étude de cas, nous avons souhaité que les élèves comprennent la complexité des éléments en  jeu dans une catastrophe et qu’ils soient capables de saisir l’enchaînement des éléments en cause.  Il nous a semblé important qu’ils perçoivent que la protection d’une société contre les risques nécessite une très bonne connaissance de cette complexité. De plus, cette étude doit les conduire à manier avec justesse les notions d’aléa, de vulnérabilité, de risques et de catastrophes.

 

2.      Pourquoi les inondations au Bangladesh ?

 

Cinq raisons nous ont conduit à ce choix :

 

§         La vulnérabilité de la société est ici facile à faire comprendre

§         Il y a (ici, comme ailleurs) des interventions humaines qui incontestablement aggravent la force de l’aléa… et elles sont transfrontalières

§         La gravité d’une catastrophe tient souvent à la conjugaison de plusieurs aléas.C’est ici le cas.

§         Les inondations ont aussi des effets bénéfiques. Cela conduit donc, dans ce cas,  à s’interroger sur la manière de se protéger des méfaits de l’inondation sans pour autant se  priver des apports de limons fertiles. Et ce n’est pas simple.

§         Il y a eu un projet français de construction d’immenses digues qui a été abandonné parce qu’il s’appuyait sur une connaissance insuffisante de la complexité en jeu.

 

3.      Quelques réserves vis à vis de ce choix pourtant :

 

Dans le traitement de la question des risques, notre souci est d’éviter de montrer que les sociétés humaines aggravent toujours les dangers par leurs actions sur les milieux. Dans beaucoup de cas, les sociétés ont mis en place des aménagements qui les protègent. L’étude de cas présentée (faute de documents) ne montre pas les travaux réalisés par les bengladeshis pour se protéger des inondations (construction de digues, construction d’abris surélevés en béton où les populations viennent se réfugier en cas de cyclone, reforestation du littoral).

L’autre inconvénient de ce choix tient au fait qu’il risque de renforcer l’image de ce pays et de ces habitants (et de pays du « Sud » en général) : celle d’un pays accablé par les catastrophes que des populations résignées subiraient avec fatalisme.

 

4.      Quelques rappels concernant le Bangladesh :

 

§         133,5 Millions d’habitants (Images économiques du monde 2003) sur 144.000 km² soit une densité de 927 hab /km².

§         75% de la population est rurale.

§         Les très fortes densités rurales sont possibles en raison de conditions naturelles favorables : un delta où se mélangent les eaux et les limons fertiles du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghna. Celui-ci reçoit les apports  pluvieux abondants de la mousson. Cela dit, le Bangladesh connaît une longue période de  sécheresse avant que la mousson n’arrive.

§         Il existe une énorme pression foncière au Bangladesh. C’est ce qui explique la situation de tension qui existe dans les Chittagong Hills Tracts. Dans ces collines, situées à l’est du Bangladesh vit 1 million de Chakmas, de Tripuras, et autres  populations souvent bouddhistes, qualifiées de tribales qui vivaient d’agriculture sèche, parfois itinérante. Ces populations sont progressivement dépossédées de leurs terres, avec l’appui de l’armée du Bangladesh qui soutient un front de colonisation, nourri par l’excédent de population du delta. La révolte des populations « tribales » a provoqué une guerre civile qui s’est conclue par un accord de paix fragile en 1997.

§         Le Bangladesh est enfin un pays pauvre : avec un I.D.H. de 0,478, il est au 145° rang (sur 173 états répertoriés par l’ONU). Selon le rapport de Transparency International, c’était en 2002 le pays le plus corrompu du monde. C’est cependant une démocratie fragile. Les élections de 2001 ont porté au pouvoir Khaleda Zia du parti nationaliste qui succède à sa rivale Sheikh Hasina, présidente de la ligue Awami.

 

5.      Les documents proposés et les consignes de travail :

 

Documents proposés :

 

§         Un extrait de la Géographie Universelle (Belin –Reclus, 1995) : Volume Afrique du Nord, Moyen-Orient, Monde Indien

§         Deux extraits de l’ouvrage de R. Paskoff, Côtes en danger, Masson, 1992

§         Un extrait de l’ouvrage de D. Druesne, Cyclones à Chittagong, Albin Michel, 1992   

 

Consignes de travail données aux élèves

 

1.      Dans l’ensemble des textes, sélectionner

 

§         les causes « naturelles » des inondations

§         les actions humaines qui aggravent l’aléa

§         les conséquences positives des inondations

§         les raisons qui font qu’elles provoquent des catastrophes

 

2.      A partir d’un organigramme vide distribué, placer les éléments sélectionnés dans l’organigramme

(Si l’on dispose de plus de temps et avec une classe de bon niveau, on peut inviter les élèves à construire l’organigramme sans leur donner le fond préparé)


INONDATIONS AU BANGLADESH

 

Ellipse: Nourriture pour les étangs à poissonsEllipse: + Epidémie de choléra et de dysenterieEllipse: + Occupation des terres les plus bassesEllipse: + Médiocrité des communications et difficultés d’acheminement des secoursEllipse: + Pauvreté de la population

Les fleuves chargés d’alluvions débordent plus facilement

 
Ellipse: + Forte densité de population

Inondation

 

Beaucoup de victimes

 

Beaucoup d’érosion et plus de ruissellement

 

Massacres des forêts himalayennes

 

Fleuves qui descendent de l’Himalaya nourris par les eaux de fonte des neiges

 

Cyclone tropical

 
Ellipse: Terres fertilisées par les limons

qui apporte de fortes pluies

 

L’Inde ouvre ses barrages quand ils sont pleins

 

qui relève le niveau de la mer et des fleuves