PEUT-ON TOUJOURS DISTINGUER LES NOTIONS D’ESPACE ET DE TERRITOIRE ?

 

Lorsque ces deux termes sont employés dans un sens très large, celui du langage courant

§         « lieu plus ou moins délimité où peut se situer quelque chose » pour espace

§         « découpage de l’étendue correspondant à l’extension d’un phénomène » pour territoire,

le sens de ces deux mots se recouvre. La tendance est, sans doute, d’utiliser plutôt le mot territoire quand les limites sont plus précises.

 

Lorsque ce sont les notions géographiques qui sont en jeu, la rigueur s’impose et l’emploi de l’une pour l’autre peut entraîner bien des confusions. Les affirmations qui suivent devrait permettre de bien cerner les différences.

§         Tout espace n’est pas un territoire. Prenons un exemple : la diagonale du vide est un espace (quand bien même son existence serait contestée, elle existe au moins dans la représentation que se font de la France un certain nombre de géographes, elle est donc, au minimum, un espace perçu par quelques uns. On peut dire la même chose de la mégalopole européenne et de bien d’autres constructions de géographe). En revanche, elle n’est pas un territoire. Qui se sent attaché par un lien affectif fort à cet espace ?   Les « diagonaleduvidiens » n’existent pas.

§         Tout territoire est un espace. En effet, même le plus petit ou le plus subjectif des territoires, ma « propriété », par exemple,  est un espace en ce sens  qu’il est

Ø       une aire qui peut être mesurée

Ø       une production sociale

Ø       un espace de vie qu’un observateur extérieur peut analyser

Ø       un espace vécu  ou perçu par le propriétaire (ou le locataire) que je suis

Mais de plus, il est territoire parce qu’il est à moi (même provisoirement) et qu’il contribue à définir  mon identité.

 

On peut symboliser ainsi les rapports entre les deux notions

Zone de Texte: PRISE DE CONSCIENCE PAR UN GROUPE SOCIAL DE
 SES   LIENS AVEC L’ESPACE