Autour de la journée de formation universitaire du 11 avril 2000

à l’IUFM d’Aix

 

 

 

Le mercredi 11 avril, cent-vingt collègues, professeurs de collèges et lycées se sont réunis à l’IUFM pour participer à une journée de formation universitaire autour du thème « Enseigner la Deuxième Guerre mondiale »

Cette journée était organisée en deux temps. Le matin, Jean-Marie Guillon, professeur à Université de Provence présenta « L’historiographie récente de la Deuxième Guerre mondiale en France ». Robert Mencherini, professeur à l’ IUFM d’Aix-Marseille

intervint sur le thème « Mémoire et histoire dans la recherche et l’enseignement de la Deuxième Guerre mondiale ». Les membres du groupe de développement de l’IUFM « Enseigner l’Histoire du Temps présent », Renée Dray-Bensousan, Colette Drogoz, Nicole Montel, Christine Mussard, Francine Thomas présentèrent les travaux menés par le groupe au cours de cette année, autour des manuels, de l’utilisation des voyages, d’Internet, de la place de la Shoah dans l’enseignement de cette période.

            Ces travaux donnèrent lieu l’après-midi à des ateliers autour des mêmes thèmes. Jacques Estal et Philippe Caracchioli animèrent des travaux autour de l’utilisation d’Internet en histoire. Une brochure fut mise à disposition des participants dont on trouvera ci-dessous le sommaire et la présentation.

            Le dispositif de cette journée, combinant apport universitaire et approches didactiques et qui répondait, semble-t-il, à l’attente de nombreux collègues, sera repris dans le cadre des actions de formation continue de l’IUFM concernant l’histoire et la géographie pour l’année scolaire 2000-2001.


 

Membres du Groupe de développement « Enseigner l’Histoire du Temps présent »

 

 

Renée Dray-Bensousan, professeure agrégée, IUFM d’Aix-Marseille, responsable de la formation des professeurs des écoles en histoire-géographie,

 

Colette Drogoz, professeure certifiée d'histoire géographie, Collège Arenc Bachas, Marseille, formatrice associée à l’IUFM, tuteur 2° année pour les professeurs stagiaires d’histoire et géographie de collèges et lycées,

 

Robert Mencherini, professeur des universités, IUFM d’Aix-Marseille, directeur du DFR SHS et de la filière Histoire, correspondant universitaire de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS) et chercheur associé à l’UMR TELEMME (Université de Provence-CNRS),

 

Vincent Mespoulet, professeur certifié d’histoire-géographie, collège Le Mont d'Or, Manosque, formateur associé à l’IUFM en TICE, 

 

Nicole Montel, professeure agrégée d'Histoire, Lycée Jean Monnet, formatrice associée à l’IUFM, responsable formation continue pour les professeurs d’histoire et géographie de collèges et lycées et pour le DFR SHS,

 

Christine Mussard, professeure agrégée d’histoire-géographie, collège Château-Forbin, Marseille,

 

Francine Thomas, professeure  de Lycée professionnel, Lycée professionnel Gambetta, Aix-en-Provence, formatrice IUFM, responsable de classe 2° année pour les professeurs stagiaires de Lycées professionnels, Lettres-Histoire .

 

 

 

 

 

Présentation de la journée

 

 

 

 

 

 

            Les événements de la Seconde Guerre mondiale sont devenus une référence quasi permanente de la mémoire nationale et de l'histoire du temps présent. Les médias traitent régulièrement de manière spectaculaire de nombreux épisodes des "années noires", que ce soit du côté de la Résistance ou de celui Vichy. Des associations se créent avec, comme objectif explicite, l'enseignement du Génocide ou de certains aspects de la Résistance (l'action de Varian Fry à Marseille, par exemple, au début des années quarante, dans le cadre du Comité américain de secours).

            L'École, ne serait-ce que dans le cadre de "cours d'histoire" définis par les programmes, n'est bien évidemment pas épargnée par cette pression sociale. Ce seul fait justifierait que la réflexion didactique prenne en compte ce phénomène. Sans doute, ce dernier n'est pas limité, pour l'histoire du temps présent, aux années quarante, mais il a certainement revêtu, pour cette période, une ampleur inégalée.

            De plus, il se trouve renforcé par un grand nombre de manifestations diverses, organisées avec la participation institutionnelle des établissements scolaires.

            Il peut s'agir de rassemblements inter-établissements. Pour nous référer uniquement à l’année scolaire précédente, citons le voyage organisé par de nombreux lycées et collèges vers Auschwitz et les camps d'extermination (avec une grande assemblée d'élèves au Conseil régional à Marseille), la réunion à Salon d'un nombre important d'élèves en présence de témoins et d'historiens sous la présidence de monsieur le Recteur, autour de la mémoire de Jean Moulin, une journée consacrée à la Résistance regroupant à l'IUFM de Marseille plusieurs établissements de l'académie autour de la vie et de l'œuvre de René Char …

            Ces activités ont nécessairement des "retombées" dans chaque établissement participant, que ce soit en cours d'histoire ou d'autres disciplines, beaucoup d'entre elles (expositions, débats) étant réalisées de manière transdisciplinaire (parfois même en l'absence d'historiens). D'autres établissements organisent aussi des débats autour des "années noires", indépendamment des regroupements inter-établissements, en faisant appel à des témoins ou des chercheurs (par exemple,  lors de la semaine contre le racisme). Enfin, dans le cadre des cours d'histoire, des collègues utilisent des documents d'une lourde charge émotive qui n'ont pas été pensés nécessairement pour une utilisation pédagogique (ainsi sur les camps de la mort) ou font intervenir très régulièrement des témoins, par exemple pour préparer au Concours de la Résistance et de la Déportation.

 

            Lorsque les enjeux de mémoire télescopent à ce point l'enseignement de l'Histoire (et aussi, notons le, la formation à la citoyenneté), il est important que soit dressé, dans un cadre institutionnel, un bilan pédagogique et didactique de l'ensemble de ces pratiques.

            C’est ainsi qu’a été créé à l’IUFM d’Aix-Marseille, au sein du Département de formation et de recherche (DFR), Sciences de l’Homme et de la Société (SHS), un groupe de développement autour du thème général : Enseigner l'histoire du Temps présent : enseigner la Seconde Guerre mondiale. Les objectifs de ce groupe étaient de recenser les pratiques en cette matière dans l'académie et d'amorcer la réflexion sur celles-ci en s'appuyant sur d'autres travaux nationaux.

La journée du 11 avril s’inscrit également dans le cadre de cette réflexion, tout en s’appuyant sur une mise au point scientifique et historiographique concernant cette période.

 

 

Robert Mencherini

 


Sommaire de la brochure éditée par l’IUFM d’Aix-Marseille.

 

Présentation,

Robert Mencherini………………………………….…………………………………...1

 

La place de la Deuxième Guerre mondiale dans sept manuels de collège,

Colette Drogoz………………………………………………………...………………...5

 

Enseigner la Shoah en classe de 3ème des collèges,

Christine Mussard……………………………………………………………………...11

 

Enseigner les « droits de l’homme bafoués » en lycée professionnel,

Francine Thomas……………………………………………………………………….19

 

Analyse de productions d’élèves au retour d’un voyage de la mémoire,

Nicole Montel………………………………………………………………………….30

 

La Shoah : perception et historicisation de 1945 à nos jours,

Renée Dray-Bensousan………………………………………………………………...46