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| Dossier
d’accompagnement didactique |
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S’inscrire
dans un projet pédagogique.
Le
programme d’Histoire en 1e baccalauréat professionnel
et en lycée d’enseignement général
et technologique
Le projet qui va être présenté s’appuie
sur une étude de cas en Histoire : l’Estaque.
Il a été conçu pour le programme de 1e
baccalauréat de lycée professionnel mais il
est tout à fait adaptable à des classes de 1e
lycée L, S, ES. En effet, il permet d’aborder
à travers l’étude de cas du « village
» de l’Estaque à Marseille le nouveau programme
d’histoire mis en œuvre à la rentrée
2003 s’intitule « l’âge industriel
en Europe et en Amérique du Nord du milieu du XIXe
siècle à 1939 : industrialisation et croissance
; la société de l’âge industriel
».
Quant au programme d’histoire de 1e baccalauréat
professionnel, il comporte trois questions. L’exemple
que nous proposons en aborde les aspects majeurs. Il concerne
une période allant des années 1880 aux années
2000. Un des enjeux pédagogiques majeurs est de faire
appréhender à l’élève de
lycée professionnel, combien, d’une façon
rapide, au XIXe et au XXe siècles les paysages et les
sociétés locales à Marseille ont été
bouleversés par l’âge industriel.
Au cours du cycle en deux ans du baccalauréat professionnel,
les grandes questions à enseigner en Histoire concernent
une même période : de 1850 à nos jours.
Ce programme permet, à la différence de celui
de BEP (qui va de 1945 à nos jours), un ancrage plus
important dans le temps. En première année baccalauréat
professionnel, les trois thèmes au programme traitent
de :
- « l’évolution du monde du travail et
ses conséquences dans le monde industriel de 1850 à
nos jours »
- « l’évolution des moyens de transport
et d’information » (idem)
- « l’évolution des pratiques socio-culturelles
» (idem)
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Situer
l’élève dans une temporalité signifiante
pour lui
Les trois grandes séquences d’Histoire de 1e
baccalauréat professionnel doivent être fortement
articulées entre elles pour éviter une juxtapositions
de thèmes où la temporalité (cf. les
bornes du programme « de 1850 à nos jours »)
est identique. Les choix pédagogiques doivent mettre
en évidence les grandes modifications structurelles
que connaissent les sociétés avec l’âge
industriel. L’élève de première
baccalauréat professionnel doit progressivement intégrer
ces profondes mutations sociétales. Or, pour cet élève,
la période à étudier est un temps très
« long », qu’il se représente difficilement.
Le projet pédagogique sur l’Estaque au XIXe et
au XXe siècles prend en considération cette
difficulté majeure pour l’élève
: apprendre à s’inscrire, se situer dans une
période « longue ». Si le professeur veut
donner du sens à cette temporalité, s’il
prend en considération la longue durée pour
mieux faire identifier les phénomènes historiques
majeurs à étudier, les séquences «
tiroirs » doivent donc être évitées.
C’est ce qui peut se produire si l’on enseigne
les questions du programme de 1e de LP sans les articuler.
Le projet pédagogique, tel qu’il est présenté,
permet, en outre, un gain de temps : ce dernier est majeur
dans la programmation des séquences et la progression
en HG en première baccalauréat professionnel.
En effet, l’élève part en stage en entreprise
de 8 à 10 semaines (selon les établissements).
Pour le professeur, cette « étude de cas »
sur l’Estaque permet de traiter certains aspects majeurs
du programme d’histoire. Des quartiers nord de Marseille,
les élèves n’ont que des représentations
issues de leur vécu (la cité-HLM de la Castellane,
La Bricarde, Le Plan d’Aou, etc.), ou de celles diffusées
par les média ( les « grandes barres »
des années 1950-1960, le super marché du quartier,
le chômage, le RMI, la délinquance ..). Il est
difficile de se représenter combien les espaces nord
de Marseille ont été des espaces de travail
pour les populations locales, des espaces industriels vivants
jusqu’aux années 1960-1970 avant d’être
touchés par la récession économique.
Une partie du projet pédagogique consiste à
faire découvrir aux élèves que Marseille,
les quartiers dits « nord », et à fortiori
l’Estaque, n’ont pas toujours été
ainsi.
Etudier
cet espace, c’est donc construire avec les élèves
l’histoire de cet espace :
- configuré entre mer et colline de La Nerthe, au nord
de la rade marseillaise et de ses installations portuaires
majeures
- autrefois industrialisé.
Avec l’étude d’un quartier au nord de Marseille,
le professeur d’Histoire peut donc ici, aborder :
- l’évolution du monde du travail et ses conséquences
(systèmes techniques industriels [STI], organisation
du travail, distribution internationale du travail).
- l’évolution des moyens de transport (voies
ferrées, gare de l’Estaque, canal du Rove, installations
portuaires).
- de la mémoire d’une population qui, de pêcheurs
et de petits agriculteurs au XIXe siècle, s’est
orientée vers l’industrie (tuileries, exploitation
des carrières de calcaire et d’argile, chimie
et traitement de minerais lourds). Cette communauté
villageoise est une « mosaïque » puisqu’elle
a accueilli de nombreuses populations d’immigrés
(depuis les vagues d’immigrés espagnols, italiens,
arméniens, puis celles des Portugais et Maghrébins).
La population locale est dépositaire de la mémoire
des luttes ouvrières fortes. Une partie de la question
sur l’évolution des pratiques socio-culturelles
est ainsi abordée (l’évolution de la vie
quotidienne).
- de la révolution picturale qui s’opère
entre 1870 et 1910 avec Cézanne, Braque, Dufy (in l’évolution
des pratiques socio-culturelles)
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Maîtriser
les savoirs à enseigner : la tâche du professeur.
L’étude de cas sur l’Estaque requiert la
maîtrise des contenus à enseigner en baccalauréat
professionnel et la connaissance de l’histoire de Marseille
au XIXe et au XXe siècles.
Certaines séances (en particulier celles sur les espaces
de l’industrie de l’Estaque) doivent être
accompagnées d’apports de connaissances sous
forme magistrale. En effet, l’âge industriel à
Marseille, malgré ses atypies, doit être appréhendé
à travers les périodes de mises en place des
systèmes techniques industriels. Le professeur aura
soin de faire un apport théorique en s’appuyant
sur les chapitres des manuels d’H-G (voir par exemple
la fiche 5 du fichier Magnard sur « le système
technique » ou le Nathan Technique).
La 3e partie du programme d’Histoire de bac. pro. intitulée
« l’évolution des pratiques socio-culturelles
de 1850 à nos jours » est très vaste.
Elle inclut « les modifications de la vie quotidienne
», « le fait religieux », « l’école
en France » de 1850 à nos jours. Le professeur
sera dans l’impératif de réserver des
séances spécifiques au traitement des questions
sur « le fait religieux » et « école
et société ».
Délibérément, le projet pédagogique
prend appui sur deux types d’industrie :
- les tuileries qui s’enracinent dans le temps à
des savoir-faire communs à tout le pourtour méditerranéen
;
- les industries liées à l’essor de la
chimie et au traitement des métaux qui se créent
avec la mise en place du 2e système technique industriel.
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Les
supports pédagogiques.
La famille de supports pédagogiques relève de
l’image :
- l’ « image » cartographique
- de photographies du début du XXe siècle (cartes
postales)
- de reprographies d’actions entreprises
- d’œuvres picturales
Dans le cadre de l’enseignement du français en
LP, du fait de la bivalence, le professeur pourra choisir
d’étudier en tant qu’œuvre intégrale
la nouvelle de Zola Naïs Micoulin. Zola, dans cette courte
œuvre de fiction, raconte l’histoire d’une
jeune fille, Naïs, ouvrière dans une tuilerie
de l’Estaque (ou de Saint Henri) dans les années
1870. Cette nouvelle est intéressante car, comme pour
toute écriture naturaliste, l’inscription dans
le cadre spatio-temporel est très forte. Un travail
de confrontation de deux supports pourra être effectué
dans le cadre de l’enseignement du français :
- un texte de description dans Naïs (début du
chapitre III) : Marseille et sa rade après les premières
expansions du port vers le nord (notamment la Joliette, Arenc
et le Bassin National déjà construits pendant
les décennies 1840, 1850 et 1860)
- et le tableau de Cézanne La baie de l’Estaque
(1885). Nous retrouvons les éléments de la description
de Zola dans Naïs (Notre Dame de La Garde, la Joliette,
une cheminée de tuilerie). Zola et Cézanne continuaient
à se fréquenter. L’homme de lettres a
fréquenté les mêmes lieux que son ami
Cézanne à L’Estaque.
Cela procurera un gain de temps pour les séances d’histoire.
Les supports textuels permettent de mettre « de la chair
» à la mise en scène d’un espace
chargé d’histoire, l’Estaque.
Toujours dans le cade de la bivalence et de la co-disciplinarité,
le professeur de Lettres-Histoire peut choisir d’étudier
en œuvre intégrale le film de Robert Guédiguian
Marius et Jeannette (sorti en 1997). Le sous-titre du film
« conte » peut être une thématique
intéressante pour une œuvre filmique très
réaliste.
L’enseignant
dispose donc de supports de nature très différente
pour permettre à un élève de lycée
(professionnel) de s’approprier l’histoire d’un
lieu :
- un extrait de la carte IGN Top 25 n° 3145 ET 1/25 000
(pour avoir une approche globale du port et de la rade de
Marseille).
- un extrait de la carte des services géographiques
de l’Armée au 1/50 000 révisée
en 1889, éditée en 1933 (présence de
l’aérodrome de Marignane)
- un extrait du « plan » du territoire de Marseille
de 1869 au 50 000e (source : CCI de Marseille)
- d’images représentant des entreprises
- de cartes postales anciennes de l’Estaque (usine de
Rio Tinto, tuilerie Saumati)
- les œuvres picturales de Braque. La peinture sur le
motif Paysage à l’Estaque (1906) de facture fauviste
fait apparaître le grand site industriel au nord-ouest
de l’Estaque dans toute sa splendeur. Le tableau dénommé
Les usines de Rio Tinto (1910) est de facture très
cubiste après la rencontre Braque-Picasso.
Les œuvres picturales où figure l’Estaque
sont très nombreuses. La vigilance est recommandée
au niveau des titres afin de ne pas entraîner des confusions.
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Réflexion
didactique : l’Estaque, une étude de cas ?
Restera à se poser la question : l’exemple de
L’Estaque peut-il être généralisable
? Peut-on parler d’étude de cas ? Certaines singularités
marseillaises et estaquéennes sont mettre en évidence.
L’actuel programme de première de lycée
(mis en application à la rentrée 2003) invite
l’enseignant à initier l’élève
à l’étude de cas en histoire. En lycée
professionnel, le programme date de 1995. Il n’est pas
libellé en terme « d’âge industriel
» pour la période à étudier «
de 1850 à nos jours ». N’apparaissent pas
les termes présents dans celui de lycée 1e S,
L, EE : « la société de l’âge
industriel ». Néanmoins, l’évolution
historiographique invite le professeur de LP à prendre
en considération cette notion « d’âge
industriel ». Les élèves n’en comprendront
que mieux les mutations qui concernent le domaine de l’économique,
du sociétal, du politique en terminale baccalauréat
professionnel.
Par ailleurs, l’étude de cas est possible en
associant l’enseignement des grandes questions d’histoire
au programme à un projet de classe à Projet
artistique et culturel (classe à PAC). Ainsi, l’équipe
enseignante peut « monter » un projet sur le patrimoine
industriel, la mémoire ouvrière d’un espace
de l’industrie proche géographiquement de celui
des élèves. Il va de soi que l’étude
de l’Estaque n’est qu’un exemple. Le professeur
peut s’intéresser à :
- une ligne de chemin de fer (celle de la Côte bleue,
celle désaffectée de Trets-Gardanne) ; l’architecture
des viaducs ferroviaires en pierre taillée nombreux
à l’Estaque et sur la Côte bleue Une gare
du XIXe siècle peut être un support d’étude
: gares de la Côte Bleue, anciennes gares du bassin
minier dans la vallée de l’Arc
- un point particulier lié à l’exploitation
d’un site industriel (exemple : le canal d’évacuation
des eaux du bassin minier de Gardanne-Trets, le Canal du Rove)
- un habitat ouvrier (ex : la cité des cheminots de
Miramas, les « cités » de mineurs dans
le grand bassin minier Trets-Peynier-Gréasque-Biver).
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et webographie |
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