Résumé des MEMOIRESPCL2 ses / 1998-99 |
Responsable des PCL 2 SES
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Utilisation
du dossier documentaire pour l'acquisition de savoirs et savoir-faire en SES
pour des classes de seconde :
le cas du dossier presse
La contribution
des SES à la formation du citoyen: l'exemple
du chômage
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L'utilisation du dossier de
presse en classe de Seconde option SES est une pratique pédagogique qui peut
faciliter l'acquisition de savoirs et savoir-faire tant spécifiques que
transversaux par les élèves. Ce travail sur dossier de presse accompagné d'une
synthèse nécessite cependant une formulation explicite des objectifs
recherchés, qu'il s'agisse des objectifs que les élèves doivent atteindre ou
des objectifs que l'enseignant associe à sa pratique pédagogique. En effet, une
telle activité, complexe et ambitieuse, se confronte à certaines difficultés
que l'enseignant doit anticiper afin de l'adapter au public. Ce mémoire
professionnel propose une réflexion critique sur le travail sur dossier de
presse à partir des expériences conduites durant l'année 1998-1999 dans quatre
classe de Seconde des Lycées de L'Arc à Orange et Jean MONNET à Vitrolles.
MOTS-CLES
Dossier de presse. Classe de Seconde. Synthèse.
Savoirs. Savoir-faire. Objectifs. Evaluation.
Directeur de mémoire : A BEITONE
L’éducation à la citoyenneté est devenue une
préoccupation croissante et au centre des débats sur l’avenir de l’école. En
effet, les incidents violents qui se déroulent de plus en plus fréquemment dans
les quartiers de nos villes semblent être commis par des personnes de plus en
plus jeunes. Ces derniers sont accusés de ne plus rien respecter, de détruire
des biens collectifs et privés, de ne plus reconnaître l’autorité des adultes.
Ainsi, dans un contexte de crise des valeurs, l’éducation à la citoyenneté dans
l’école est devenue une réclamation en forme de slogan
Le ministre de l’Education Nationale, C. Allègre, fait de la citoyenneté l’un des mots phares de son action et de celle du gouvernement.
Une question s’est, alors, posée à nous :
Comment éduquer à la citoyenneté ?
Suffit-il de pratiquer la citoyenneté pour pouvoir
être un citoyen ? Ou bien, la citoyenneté passe t-elle par la construction
des savoirs ?
La différence entre ces deux points de vue résulte
de la place accordée aux savoirs dans l’apprentissage et l’exercice de la
citoyenneté.
En effet, pour certains, comme C. Crémieux[1]
ou encore R. Ballion[2],
l’importance accordée aux savoirs peut être un obstacle à la citoyenneté. Pour
eux, la citoyenneté passe moins par les savoirs et plus par l’organisation de
la vie au lycée. C’est-à-dire « par
la participation à la vie institutionnelle de l’établissement, au travers de la
représentation des lycéens dans les instances de concertation et de décision
que sont les conseils de classe, le conseil des délégués et le Conseil
d’Administration. »[3]. Ainsi, les
lycéens font l’apprentissage du fonctionnement d’une démocratie représentative.
Mais la vie dans le lycée c’est, aussi, la vie collective. La participation à
la vie socioculturelle de l’établissement (mobilisation des jeunes sur des
projets collectifs, Maison des Lycéens) permet, alors, un apprentissage de la
démocratie participative. Donc une formation à la citoyenneté par la
participation à la chose publique.
Pour d’autres, notamment le Groupe Français
d’Education Nouvelle, on ne peut exercer sa citoyenneté que si l’on peut
participer aux grands débats publics. C’est pouvoir participer à un débat
scientifique, c’est-à-dire discuter jusqu’à ce que l’on soit d’accord.
Notre optique, tout au long de ce mémoire, sera
celle-ci. Selon nous, les savoirs apparaissent comme condition d’une
citoyenneté lucide « par la
compréhension des phénomènes historiques, sociaux, économiques, culturels,
institutionnels, par le développement de l’esprit critique et l’autonomie du
jugement qui sont la base d’opinions et d’engagements assumés en
connaissance de cause. Le rapport à la loi passe par le rapport au
savoir. »[4].
Notre objectif sera de montrer que nous pouvons
participer à la formation du citoyen par la construction de savoirs. Nous avons
choisi le thème du chômage pour étayer notre thèse. Il s’agit en effet d’un
thème où les problématiques (telles que les mesures, les causes et les
solutions contre le chômage) sont particulièrement en débat aujourd’hui. De
plus, n’est-il pas au centre d’une réflexion sur la citoyenneté ?
Il nous semble fondamental de travailler sur ce
concept pluridimensionnel avec les élèves (chômage et rupture du lien social,
chômage et déficit de citoyenneté).
Ainsi,
dans une première partie, il nous faudra définir le terme de citoyenneté et
montrer comment, par la construction des savoirs, nous pouvons participer à la
formation du citoyen. Ensuite, il s’agira de mettre en œuvre des stratégies
pédagogiques. Enfin, dans une dernière partie, nous en mesurerons les résultats
L’APPRENTISSAGE DES OUTILS
STATISTIQUES EN SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES EN CLASSE DE SECONDE.
Directeur de mémoire : Mme Marie-Ange
DECUGIS.
« Les médecins de Molière se donnaient des
airs savants en assaisonnant leur discours de grec et de latin, trop d’auteurs
aujourd’hui l’assaisonnent de statistiques »[5].
Cette boutade souligne que nous vivons dans le monde
des chiffres appelés à arbitrer les diagnostics, à soutenir les décisions. En
effet, prenez un quotidien de votre choix, vous allez y rencontrer des courbes
et des graphiques, et abondance de mots comme « moyenne », « tendance »,
« pourcentages », « taux de croissance », etc. Tous ces
mots relèvent du domaine de la statistique. Dans les rubriques économiques et
sociales, courbes et graphiques illustrent les fluctuations des taux d’intérêt
et du cours des devises ou encore l’évolution du taux de chômage ; des
tableaux abondent mettant en évidence les transformations de la famille
française ou l’évolution de la consommation des ménages français.
En fait, les informations numériques sont
omniprésentes dans l’information économique et sociale et en particulier les
informations d’ordre statistique dont les médias et les gouvernements usent et
abusent. Certes agrémenter un discours de quelques chiffres lui octroie, à bon marché,
un vernis de scientificité en s’appuyant sur l’ignorance de la signification
des statistiques, et relève souvent de l’argument d’autorité.
Or, les lycéens ont la mauvaise habitude de croire
tout ce que les médias leur rapportent et sont, par conséquent, des proies
faciles pour les manipulateurs de tout acabit. Il semble, en effet, que la
naïveté, en ce domaine, soit le comportement le plus répandu parce que, dans
notre société, on n’accorde pas beaucoup d’importance à la « culture
des chiffres » par rapport à celle des lettres dans l’enseignement
des lycéens. Les élèves ne possèdent pas une formation suffisante pour
déterminer quand une présentation statistique est valable et quand elle ne
l’est pas. Parfois même, des statistiques honnêtes peuvent induire en erreur,
car celui qui les reçoit n’est pas capable de les interpréter correctement.
Il est donc urgent d’apprendre à chacun à maîtriser
ce chaos informatif. C’est la seule façon de rendre plus authentique un projet
de société démocratique. Afin de « concourir
à la compréhension de la vie économique et sociale de notre temps, donc à la
formation du citoyen nécessaire au fonctionnement d’une démocratie où les choix
économiques et sociaux revêtent une importance majeure »[6],
enseigner les Sciences Economiques et Sociales implique un travail sur les
statistiques. Les connaissances et techniques statistiques de base sont
essentielles sur le plan éducatif pour renforcer l’aptitude de chacun à
comprendre le monde moderne et à y prendre une part active.
Les élèves se doivent donc de maîtriser les outils
statistiques de base (pourcentages de répartition, pourcentages de variation,
indices, moyennes,…). Cependant, il faut qu’ils soient capables de les
interpréter. Aussi, toute la difficulté réside dans l’art d’inciter les élèves
à réfléchir sur la portée et les limites des statistiques. Ce qui pose en fait
problème – et ceci dés la classe de seconde – c’est le délicat passage entre les savoir-faire techniques de la
statistique et l’analyse des résultats trouvés en tant que données économico-sociales. Cet obstacle posé, l’objectif en
découle : envisager une démarche
qui permettrait aux élèves de comprendre, d’évaluer la pertinence des
informations statistiques déversées quotidiennement par les différents médias :
journaux, télévision, radio et articles de presse. Si cet apprentissage des
outils statistiques devait permettre aux élèves de seconde, ayant choisi
l’option S.E.S, de s’interroger sur les sources, sur la qualité de
l’information et de l’informateur, de mieux apprécier le changement des
conditions économiques et sociales, son but serait atteint. En d’autres termes,
il s’agit de donner du sens aux statistiques, car il est urgent d’apprendre aux
élèves à se situer dans cette Cité des chiffres.
Cependant, quelle stratégie
d’apprentissage doit-on adopter pour atteindre cet objectif ? Quelle
démarche doit-on retenir pour interpréter les données statistiques et en
apprécier leur portée et leurs limites ? Comment procéder pour permettre
aux élèves une appropriation de ces savoir-faire fondamentaux tout en
développant leur autonomie de réflexion, leur goût de comprendre où ils vivent
et une véritable capacité d’analyse de nos sociétés ?
Pour répondre à ces questions, dans un premier
temps, nous essaierons de préciser l’importance de la statistique dans le champ
des S.E.S. Ensuite, nous nous engagerons dans une réflexion théorique sur la
démarche envisagée pour enseigner les statistiques en classe de seconde en
S.E.S. Enfin, nous terminerons par une présentation de notre démarche durant le
stage en responsabilité, suivie d’un bilan qui pourra déboucher sur une
remédiation pédagogique.
Stéphanie
MOSCATELLI, Virginie KEUSSEIAN
De l’analyse des représentations
des élèves à un essai de pédagogie socioconstructiviste sur le thème de l’entreprise
en seconde.
Directeur de mémoire :
A. LEGARDEZ.
Parce que le
savoir est souvent mal retenu par nos élèves, la prise en compte de leurs
représentations s’avère essentielle dans la mise en place de nos séquences
d’apprentissage. En effet, la didactique étudie non seulement les relations de
l’enseignement et de l’élève (étude des situations d’apprentissage), celles de
l’enseignant et du savoir (transposition didactique) mais également celles de
l’élève au savoir (étude des représentations). Après avoir étudié quelle était
la transposition didactique sur le thème de l’entreprise, (relation « savoirs-savants », « savoirs-à-enseigner »
et relation « savoirs-à-enseigner »,
« savoirs enseignés » ), le point de départ de notre expérimentation
a été la saisie grâce à un questionnaire mis au point par le GREG des
représentations de nos élèves de seconde sur l’objet « entreprise »
afin de construire une séquence d’apprentissage adaptée, dans une optique
socioconstructiviste (repérage des éventuels objectifs-obstacles
ou appuis). Il s’agissait également de comparer ces représentations avec celles
des élèves de seconde d’option STT (saisies à partir du même questionnaire).
Nous avons à l’issue de notre stratégie d’apprentissage effectué une seconde
passation du questionnaire pour mesurer à la fois l’évolution des
représentations de nos élèves et l’efficacité de notre stratégie. Nous avons pu
ainsi vérifier que les représentations-connaissances de nos élèves de SES et de
STT étaient différentes (existence possible d’un effet filière). D’autre part,
la seconde passation du questionnaire a montré une inflexion sensible des
représentations initiales de nos élèves mais certains objectifs-obstacles
semblent être encore résistants).
Transposition
didactique : Processus par lequel s’opère le
passage des savoirs-savants aux savoirs-appris
par les élèves. On distingue le passage du savoir-savant
au savoir-à-enseigner (rôle important des manuels et
des programmes) : c’est la transposition
didactique externe. La transposition
didactique interne consiste sur la base des savoirs-à-enseigner
à déterminer ce qui sera effectivement enseigné (liberté pédagogique de
l’enseignant) .
Représentations sociale: Selon D. Jodelet, la représentation sociale est une manière
d’interpréter et de penser notre réalité quotidienne, une forme de connaissance
sociale. Ces représentations ont une cohérence propre et sont dotées d’une
efficacité pratique. L’analyse des représentations fait référence au noyau dur.
Il y a une clôture relative du noyau et évolution des éléments périphériques.
Ainsi, ces représentations ont une construction complexe en continuelle
évolution (ce sont d’abord les éléments périphériques qui sont transformés).
Objectifs-obstacles : Certains obstacles
s’opposent aux apprentissages. Ce sont eux qu’il faut repérer (à travers
l’émergence des représentations) pour définir les véritables objectifs. Le
travail didactique consistera à construire une stratégie en terme de
« situation-problème » qui ne permet plus à l’élève de faire
fonctionner son modèle explicatif et l’oblige à le réorganiser. Ainsi confronté
à un objectif-obstacle l’élève se
trouvera réellement en situation de recherche.
Courant socioconstructiviste : Pour ce courant, l’élève construit son propre savoir en donnant du sens
à son apprentissage et dans l’interaction sociale avec ses pairs (pouvant
favoriser l’émergence de conflits sociocognitifs). Ce courant accorde une
importance particulière à la détermination des représentations dans les stratégies
d’apprentissages (notion de situation-problème et d’objectif-obstacle importante
pour ce courant).
[1] C. Crémieux, La citoyenneté à l’école, SYROS, 1998.
[2] R. Ballion, La démocratie au lycée, ESF, 1998.
[3] R. Ballion, Op cité.
[4] M. Tozzi, Les Cahiers Pédagogiques, Supplément n°4, Oct.-Nov. 1998.
[5] BOURSIN J.L., « Comprendre les statistiques descriptives », Paris, A.Colin, Cursus, 1988.
[6] B.O., n° Hors série, Tome 1 du 24 septembre 1992, Remarques générales.