Résumé des MEMOIRES     

PCL2 ses / 1998-99

 

 

Sélection réalisée par MA Décugis

Responsable des PCL 2 SES

 

 

 Utilisation du dossier documentaire pour l'acquisition de savoirs et savoir-faire en SES pour des classes de seconde : le cas du dossier presse

La contribution des SES à la formation du citoyen: l'exemple du chômage

L'apprentissage des outils statistiques en sciences économiques et sociales en classe de seconde
De l'analyse des représentations des élèves  à un essai de pédagogie socioconstructiviste sur le thème de l'entreprise en seconde

 

 

Hervé CAYOL et Caroline CUZANGE

UTILISATION DU DOSSIER DOCUMENTAIRE POUR L'ACQUISITION DE SAVOIRS ET SAVOIR-FAIRE EN SES POUR DES CLASSES DE SECONDE : LE CAS DU DOSSIER PRESSE

 

DIRECTEUR DE MEMOIRE : Dominique BEDDOCK

 

L'utilisation du dossier de presse en classe de Seconde option SES est une pratique pédagogique qui peut faciliter l'acquisition de savoirs et savoir-faire tant spécifiques que transversaux par les élèves. Ce travail sur dossier de presse accompagné d'une synthèse nécessite cependant une formulation explicite des objectifs recherchés, qu'il s'agisse des objectifs que les élèves doivent atteindre ou des objectifs que l'enseignant associe à sa pratique pédagogique. En effet, une telle activité, complexe et ambitieuse, se confronte à certaines difficultés que l'enseignant doit anticiper afin de l'adapter au public. Ce mémoire professionnel propose une réflexion critique sur le travail sur dossier de presse à partir des expériences conduites durant l'année 1998-1999 dans quatre classe de Seconde des Lycées de L'Arc à Orange et Jean MONNET à Vitrolles.

MOTS-CLES

Dossier de presse. Classe de Seconde. Synthèse. Savoirs. Savoir-faire. Objectifs. Evaluation.

 

 
 Delphine DOLCE et Elsa YUNES
L
a contribution des Sciences Economiques et Sociales à la formation du citoyen. L’exemple du chômage.

 

 

Directeur de mémoire : A BEITONE

 

L’éducation à la citoyenneté est devenue une préoccupation croissante et au centre des débats sur l’avenir de l’école. En effet, les incidents violents qui se déroulent de plus en plus fréquemment dans les quartiers de nos villes semblent être commis par des personnes de plus en plus jeunes. Ces derniers sont accusés de ne plus rien respecter, de détruire des biens collectifs et privés, de ne plus reconnaître l’autorité des adultes. Ainsi, dans un contexte de crise des valeurs, l’éducation à la citoyenneté dans l’école est devenue une réclamation en forme de slogan

Le ministre de l’Education Nationale, C. Allègre, fait de la citoyenneté l’un des mots phares de son action et de celle du gouvernement.

Une question s’est, alors, posée à nous : Comment éduquer à la citoyenneté ?

Suffit-il de pratiquer la citoyenneté pour pouvoir être un citoyen ? Ou bien, la citoyenneté passe t-elle par la construction des savoirs ?

La différence entre ces deux points de vue résulte de la place accordée aux savoirs dans l’apprentissage et l’exercice de la citoyenneté.

En effet, pour certains, comme C. Crémieux[1] ou encore R. Ballion[2], l’importance accordée aux savoirs peut être un obstacle à la citoyenneté. Pour eux, la citoyenneté passe moins par les savoirs et plus par l’organisation de la vie au lycée. C’est-à-dire « par la participation à la vie institutionnelle de l’établissement, au travers de la représentation des lycéens dans les instances de concertation et de décision que sont les conseils de classe, le conseil des délégués et le Conseil d’Administration. »[3]. Ainsi, les lycéens font l’apprentissage du fonctionnement d’une démocratie représentative. Mais la vie dans le lycée c’est, aussi, la vie collective. La participation à la vie socioculturelle de l’établissement (mobilisation des jeunes sur des projets collectifs, Maison des Lycéens) permet, alors, un apprentissage de la démocratie participative. Donc une formation à la citoyenneté par la participation à la chose publique.

Pour d’autres, notamment le Groupe Français d’Education Nouvelle, on ne peut exercer sa citoyenneté que si l’on peut participer aux grands débats publics. C’est pouvoir participer à un débat scientifique, c’est-à-dire discuter jusqu’à ce que l’on soit d’accord.

Notre optique, tout au long de ce mémoire, sera celle-ci. Selon nous, les savoirs apparaissent comme condition d’une citoyenneté lucide « par la compréhension des phénomènes historiques, sociaux, économiques, culturels, institutionnels, par le développement de l’esprit critique et l’autonomie du jugement qui sont la base d’opinions et d’engagements assumés en connaissance de cause. Le rapport à la loi passe par le rapport au savoir. »[4].

Notre objectif sera de montrer que nous pouvons participer à la formation du citoyen par la construction de savoirs. Nous avons choisi le thème du chômage pour étayer notre thèse. Il s’agit en effet d’un thème où les problématiques (telles que les mesures, les causes et les solutions contre le chômage) sont particulièrement en débat aujourd’hui. De plus, n’est-il pas au centre d’une réflexion sur la citoyenneté ?

Il nous semble fondamental de travailler sur ce concept pluridimensionnel avec les élèves (chômage et rupture du lien social, chômage et déficit de citoyenneté).

Ainsi, dans une première partie, il nous faudra définir le terme de citoyenneté et montrer comment, par la construction des savoirs, nous pouvons participer à la formation du citoyen. Ensuite, il s’agira de mettre en œuvre des stratégies pédagogiques. Enfin, dans une dernière partie, nous en mesurerons les résultats

 

 

 

Philippe GARIDEL

 

L’APPRENTISSAGE DES OUTILS STATISTIQUES EN SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES EN CLASSE DE SECONDE.

 

Directeur de mémoire : Mme Marie-Ange DECUGIS.

 

 « Les médecins de Molière se donnaient des airs savants en assaisonnant leur discours de grec et de latin, trop d’auteurs aujourd’hui l’assaisonnent de statistiques »[5].

Cette boutade souligne que nous vivons dans le monde des chiffres appelés à arbitrer les diagnostics, à soutenir les décisions. En effet, prenez un quotidien de votre choix, vous allez y rencontrer des courbes et des graphiques, et abondance de mots comme « moyenne », « tendance », « pourcentages », « taux de croissance », etc. Tous ces mots relèvent du domaine de la statistique. Dans les rubriques économiques et sociales, courbes et graphiques illustrent les fluctuations des taux d’intérêt et du cours des devises ou encore l’évolution du taux de chômage ; des tableaux abondent mettant en évidence les transformations de la famille française ou l’évolution de la consommation des ménages français.

En fait, les informations numériques sont omniprésentes dans l’information économique et sociale et en particulier les informations d’ordre statistique dont les médias et les gouvernements usent et abusent. Certes agrémenter un discours de quelques chiffres lui octroie, à bon marché, un vernis de scientificité en s’appuyant sur l’ignorance de la signification des statistiques, et relève souvent de l’argument d’autorité.

Or, les lycéens ont la mauvaise habitude de croire tout ce que les médias leur rapportent et sont, par conséquent, des proies faciles pour les manipulateurs de tout acabit. Il semble, en effet, que la naïveté, en ce domaine, soit le comportement le plus répandu parce que, dans notre société, on n’accorde pas beaucoup d’importance à la « culture des chiffres » par rapport à celle des lettres dans l’enseignement des lycéens. Les élèves ne possèdent pas une formation suffisante pour déterminer quand une présentation statistique est valable et quand elle ne l’est pas. Parfois même, des statistiques honnêtes peuvent induire en erreur, car celui qui les reçoit n’est pas capable de les interpréter correctement.

Il est donc urgent d’apprendre à chacun à maîtriser ce chaos informatif. C’est la seule façon de rendre plus authentique un projet de société démocratique. Afin de « concourir à la compréhension de la vie économique et sociale de notre temps, donc à la formation du citoyen nécessaire au fonctionnement d’une démocratie où les choix économiques et sociaux revêtent une importance majeure »[6], enseigner les Sciences Economiques et Sociales implique un travail sur les statistiques. Les connaissances et techniques statistiques de base sont essentielles sur le plan éducatif pour renforcer l’aptitude de chacun à comprendre le monde moderne et à y prendre une part active.

Les élèves se doivent donc de maîtriser les outils statistiques de base (pourcentages de répartition, pourcentages de variation, indices, moyennes,…). Cependant, il faut qu’ils soient capables de les interpréter. Aussi, toute la difficulté réside dans l’art d’inciter les élèves à réfléchir sur la portée et les limites des statistiques. Ce qui pose en fait problème – et ceci dés la classe de seconde – c’est le délicat passage entre les savoir-faire techniques de la statistique et l’analyse des résultats trouvés en tant que données économico-sociales. Cet obstacle posé, l’objectif en découle : envisager une démarche qui permettrait aux élèves de comprendre, d’évaluer la pertinence des informations statistiques déversées quotidiennement par les différents médias : journaux, télévision, radio et articles de presse. Si cet apprentissage des outils statistiques devait permettre aux élèves de seconde, ayant choisi l’option S.E.S, de s’interroger sur les sources, sur la qualité de l’information et de l’informateur, de mieux apprécier le changement des conditions économiques et sociales, son but serait atteint. En d’autres termes, il s’agit de donner du sens aux statistiques, car il est urgent d’apprendre aux élèves à se situer dans cette Cité des chiffres.

Cependant, quelle stratégie d’apprentissage doit-on adopter pour atteindre cet objectif ? Quelle démarche doit-on retenir pour interpréter les données statistiques et en apprécier leur portée et leurs limites ? Comment procéder pour permettre aux élèves une appropriation de ces savoir-faire fondamentaux tout en développant leur autonomie de réflexion, leur goût de comprendre où ils vivent et une véritable capacité d’analyse de nos sociétés ?

 

Pour répondre à ces questions, dans un premier temps, nous essaierons de préciser l’importance de la statistique dans le champ des S.E.S. Ensuite, nous nous engagerons dans une réflexion théorique sur la démarche envisagée pour enseigner les statistiques en classe de seconde en S.E.S. Enfin, nous terminerons par une présentation de notre démarche durant le stage en responsabilité, suivie d’un bilan qui pourra déboucher sur une remédiation pédagogique.

 


Stéphanie MOSCATELLI, Virginie KEUSSEIAN

 

De l’analyse des représentations des élèves à un essai de pédagogie socioconstructiviste sur le thème de l’entreprise en seconde.

 

Directeur de mémoire : A. LEGARDEZ.

 

Parce que le savoir est souvent mal retenu par nos élèves, la prise en compte de leurs représentations s’avère essentielle dans la mise en place de nos séquences d’apprentissage. En effet, la didactique étudie non seulement les relations de l’enseignement et de l’élève (étude des situations d’apprentissage), celles de l’enseignant et du savoir (transposition didactique) mais également celles de l’élève au savoir (étude des représentations). Après avoir étudié quelle était la transposition didactique sur le thème de l’entreprise, (relation « savoirs-savants », « savoirs-à-enseigner » et relation « savoirs-à-enseigner », « savoirs enseignés » ), le point de départ de notre expérimentation a été la saisie grâce à un questionnaire mis au point par le GREG des représentations de nos élèves de seconde sur l’objet « entreprise » afin de construire une séquence d’apprentissage adaptée, dans une optique socioconstructiviste (repérage des éventuels objectifs-obstacles ou appuis). Il s’agissait également de comparer ces représentations avec celles des élèves de seconde d’option STT (saisies à partir du même questionnaire). Nous avons à l’issue de notre stratégie d’apprentissage effectué une seconde passation du questionnaire pour mesurer à la fois l’évolution des représentations de nos élèves et l’efficacité de notre stratégie. Nous avons pu ainsi vérifier que les représentations-connaissances de nos élèves de SES et de STT étaient différentes (existence possible d’un effet filière). D’autre part, la seconde passation du questionnaire a montré une inflexion sensible des représentations initiales de nos élèves mais certains objectifs-obstacles semblent être encore résistants).

 

 

Mots-clés

 

Transposition didactique : Processus par lequel s’opère le passage des savoirs-savants aux savoirs-appris par les élèves. On distingue le passage du savoir-savant au savoir-à-enseigner (rôle important des manuels et des programmes) : c’est la transposition didactique externe. La transposition didactique interne consiste sur la base des savoirs-à-enseigner à déterminer ce qui sera effectivement enseigné (liberté pédagogique de l’enseignant) .

 

Représentations sociale: Selon D. Jodelet, la représentation sociale est une manière d’interpréter et de penser notre réalité quotidienne, une forme de connaissance sociale. Ces représentations ont une cohérence propre et sont dotées d’une efficacité pratique. L’analyse des représentations fait référence au noyau dur. Il y a une clôture relative du noyau et évolution des éléments périphériques. Ainsi, ces représentations ont une construction complexe en continuelle évolution (ce sont d’abord les éléments périphériques qui sont transformés).

 

Objectifs-obstacles : Certains obstacles s’opposent aux apprentissages. Ce sont eux qu’il faut repérer (à travers l’émergence des représentations) pour définir les véritables objectifs. Le travail didactique consistera à construire une stratégie en terme de « situation-problème » qui ne permet plus à l’élève de faire fonctionner son modèle explicatif et l’oblige à le réorganiser. Ainsi confronté à un objectif-obstacle l’élève se trouvera réellement en situation de recherche.

 

Courant socioconstructiviste : Pour ce courant, l’élève construit son propre savoir en donnant du sens à son apprentissage et dans l’interaction sociale avec ses pairs (pouvant favoriser l’émergence de conflits sociocognitifs). Ce courant accorde une importance particulière à la détermination des représentations dans les stratégies d’apprentissages (notion de situation-problème et d’objectif-obstacle importante pour ce courant).

 

 



[1] C. Crémieux, La citoyenneté à l’école, SYROS, 1998.

[2] R. Ballion, La démocratie au lycée, ESF, 1998.

[3] R. Ballion, Op cité.

[4] M. Tozzi, Les Cahiers Pédagogiques, Supplément n°4, Oct.-Nov. 1998.

[5] BOURSIN J.L., « Comprendre les statistiques descriptives », Paris, A.Colin, Cursus, 1988.

[6] B.O., n° Hors série, Tome 1 du 24 septembre 1992, Remarques générales.